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  • Rejean, 1e67d779-5b6c-4f68-8d96-aa756a65d35c

    < Retour Rejean Mémoire présenté au Bureau d’Audiences Publiques Environnementales (BAPE) dans le cadre des enquêtes sur l’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés par Sylvie Provost , fille d’une victime décédée en 2017. Madame et messieurs les commissaires, Je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous faire part du drame horrible que doit vivre une victime et sa famille à l’annonce de la maladie d’amiantose et de tout le processus judiciaire qui s’en suit. Mon père a appris le 8 juin 2016 être atteint d’amiantose. Un choc brutal pour toute la famille. Le début d’un enchainement d’examens médicaux avec le CMPP. Il était très faible, fragilisé par la maladie et très vulnérable. Il avait peur. Lors du diagnostic du CMPP, il n’a pas compris ce qui se passait, je l’ai saisi à la fin quand il a demandé aux pneumologues, les yeux dans l’eau : Quelles pilules vous allez me donner pour guérir? Tout le monde était mal à l’aise, il n’avait pas compris. Les pneumologues lui ont répété qu’il n’y en avait pas. Que ce qui va l’aider le plus c’est l’oxygène. Ce fut très bref comme explication. Personne n’a osé lui dire qu’il allait mourir, mais tout le monde savait même lui, mais il n’a pas voulu l’entendre. C’était en septembre 2016. On est reparti en silence et nous n’en avons pas reparlé avant le mois de novembre, mon père ne voulait pas. À ce moment commence l’enchainement des hospitalisations, l’intégration de l’oxygène et la répétition de ses détresses respiratoires. Tout ceci fut horrible à vivre. À chaque crise il voulait mourir. Il perdait toute son autonomie, se sentais comme un chien enchainé à son oxygène. Il n’avait plus aucune qualité de vie, terminé pour lui le billard, sa sortie au restaurant le dimanche, et ses parties de bingo, un de ses petits plaisirs. Et surtout il ne pouvait plus conduire. Il est devenu dépendant. La mort l’attendait, dans le couloir à respir, avec chaque respiration qu’il n’était pas capable de prendre. Nous avons été très bien accompagnés par les agents de la CNESST. Ces femmes ont été formidables offrant à mon père tous les services dont il avait besoin lorsque sa condition se détériorait. J’avais un contact direct avec elles et souvent dans la journée même elles nous trouvaient une solution. Nous nous sentions supportés. Mais, le 15 juin 2017 à 10h30 tout s’est arrêté. Mon père est décédé, noyé dans ses poumons. Un moment horrible dont les images ne s’effaceront jamais de nos mémoires. Et le comble dans tout ça, toute l’aide que l’on recevait c’est arrêté du même coup. L’avocat du syndicat de l’entreprise à laquelle il a cotisé pendant 42 ans, nous a annoncé qu’il ne pouvait plus représenter mon père car il est décédé et que le syndicat ne représente que les membres vivants. Les services avec la CNESST se sont arrêtés aussi abruptement, sauf pour les déboursés relatifs aux funérailles. Nous nous retrouvions seules, ma mère, ma sœur et moi. Désemparées, après avoir été si bien accompagnées. De surcroit, l’employeur conteste la décision de la CNESST en affirmant que mon père n’était pas atteint d’amiantose. J’ai tenté d’obtenir de l’information, de l’aide de la CNESST pour savoir comment ça se passe devant le tribunal. Est-ce que quelqu’un peut m’accompagner ou à tout le moins m’informer? Cela ne fait pas partie de leur mandat. Mais on me rassure en m’affirmant qu’avec le dossier du CMPP, le certificat de décès et tout le dossier de l’hôpital, je détiens toute ma preuve, que c’est suffisamment complet, que je n’aurai rien d’autre à faire que de me présenter en cours et que c’est le juge qui va examiner le dossier, qu’il est habitué et de ne pas m’inquiéter. Qu’il ne sert à rien de prendre un avocat, qu’il nous en coûtera trop cher et que ça ne vaut pas la peine. L’angoisse m’envahit. Je vis énormément de colère de ce peu d’informations et de supports. C’est ma santé qui dégringole face à tout ça. J’ai rencontré quelques avocats, mais leur méconnaissance de cette maladie ne m’inspirait pas confiance. Ils voulaient que je leur donne de l’argent avant même d’avoir lu le dossier. Et me faisait des promesses auxquelles je n’ai pas cru. Quelques jours avant la première audience j’ai reçu le rapport d’expertise écris par le Dr xxxxx médecin expert de l’employeur, xxxxx. Ouf ! J’ai réalisé que ce n’était absolument pas aussi simple qu’on l’avait prétendu. Alors, j’ai décidé de faire mon cours amiantose 101 en autodidacte sur internet et de faire honneur à mon père en empêchant cet homme de dire que tous les médecins qui l’ont soigné se sont trompés et que lui seul a raison, selon sa prétention. 22 médecins se sont prononcés, confirmant le diagnostic à chacune de ses hospitalisations. J’ai travaillé jour et nuit, à m’en rendre malade, mais je n’ai pas abandonné. J’ai lu et relu au moins 250 jurisprudences. J’ai lu la loi. J’ai lu des études dont les premières lectures étaient complètement du chinois pour moi. Je me suis familiarisé avec la terminologie et réussi à réunir les informations nécessaires pour avoir une défense qui pourrait retenir l’attention de la juge. J’ai même réussi à relever des erreurs de l’anatomopathologiste et des mensonges honteux de la part du médecin expert mandaté par l’employeur. Ce procès fut interminable. Il y a eu 2 remises. 3 journées d’audition dont la dernière a eu lieu le 15 janvier 2019. Nous devions recevoir la décision en avril 2019, mais la juge a réclamé 3 demandes de prolongation. Elle a commencé à travailler sur notre dossier seulement en juin et ne l’a pas terminé et est partie en congé de maladie. Et depuis le 15 juillet 2019, nous sommes sans nouvelles du tribunal, sauf pour les quelques informations que j’obtiens lorsque j’appelle sa secrétaire. Trois ans, 2 mois et 16 jours après l’acte introductif, nous sommes toujours en attente d’une décision du tribunal. C’est inhumain. Car 11 autres travailleurs sont malades à cette entreprise, dont un autre travailleur est décédé au début de l’année 2019. Je sais que cette décision est importante car elle fera jurisprudence et je l’espère aidera ces travailleurs qui subiront le même sort que mon père et qu’eux aussi seront désemparés lorsque l’employeur fautif en appellera de la décision de la CNESST. Qu’au-delà de la mort d’un époux, d’un père, d’un frère ils auront à souffrir des années avant de pouvoir faire leur deuil car chaque soir ils s’endormiront dans l’attente d’une 4 décision qui ne vient jamais. Et au-delà de l’argent, ce que l’on désire c’est que les responsables assument leurs responsabilités après avoir causé par leur insouciance autant de maladies débilitantes et mortelles provoquant ainsi des souffrances intenables aux victimes des ces maladies et leurs familles. Tout ce qu’ils veulent, c’est faire des profits impunément. Ce fut le seul employeur de mon père, il a débuté son travail chez eux en 1959. Cet employeur savait que mon père avait des plaques pleurales depuis 1989, car chaque année ils passent des radiographies pulmonaires à leurs employés. C’est inscrit noir sur blanc dans le dossier de mon père : plaques pleurales, contact avec l’amiante par le passé. Ce que j’aurais aimé pour moi et ma famille et ce que j’aimerais pour l’avenir, pour les prochaines victimes, car il y en aura d’autres et ce scénario se répétera à coup sûr, est d’avoir obtenu plus de support de la part de la CNESST lors de la contestation du dossier par l’employeur. En effet, ce ne sont pas toutes les victimes et leurs familles qui ont les moyens d’engager des avocats et des témoins-experts pour contrer les expertises obtenues par l’employeur. Ce n’est pas donné à tout le monde non plus de fouiller la littérature scientifique et la jurisprudence pour se préparer pour l’audition devant le TAT. En conséquence, la CNESST devrait mieux outiller les victimes de maladies causées par l’amiante et leurs familles pour faire face à des contestations venant des employeurs : En fournissant des informations scientifiques à jour (ex. seuil sécuritaire d’exposition à l’amiante comme cause de cancer n’est pas encore identifié par les scientifiques etc) et En se présentant au tribunal de première instance comme elle fait lorsque la contestation vient des travailleurs. On pourrait aller plus loin en imitant notre voisin ontarien qui a créé un Bureau des conseillers des travailleurs, un organisme indépendant rattaché au Ministère du Travail qui fournit des services gratuits aux travailleurs en matière d’indemnisation. ( http://www.owa.gov.on.ca/fr/about/Pages/default.aspx ) C’est que quelqu’un de la CNESST, idéalement un pneumologue, soit attitré pour accompagner les victimes ou leur succession lors des audiences et venir soutenir le diagnostic posé par les 6 pneumologues mandatés par la CNESST. Cela se fait lorsqu’un dossier est refusé, alors pourquoi pas le contraire. Ce serait tellement plus juste pour le travailleur malade ou la famille endeuillée d’avoir un spécialiste qui explique au juge sur quoi ils se sont basés pour leur diagnostic et démontrer que le médecin expert prend des détours parfois douteux pour influencer le juge. Surtout qu’il n’y a personne pour s’opposer vraiment à des arguments tellement scientifiques et complexes. Et surtout de grâce, que le tribunal n’accepte pas que des dossiers soient remis surtout parce que l’avocat invoque qu’il n’a pas eu le temps de se préparer, alors que la date d’audience est déterminée 6 mois d’avance. Mon souhait est d’humaniser les tribunaux et de ne pas éterniser les souffrances des familles et leur permettre de faire leur deuil. Car tant qu’une cause est pendante, le deuil est impossible à faire. Notre histoire est beaucoup plus complexe, mais elle se complétera certainement avec les histoires des autres victimes, car on vit presque tous la même chose. Merci de m’avoir lu, c’est un privilège pour moi de pouvoir m’adresser à vous, et j’espère que lorsque vous aurez des recommandations à faire vous aurez une pensée pour les victimes. Mon père s’appelait Réjean. Sa fille Sylvie Provost

  • Faire un don | AVAQ

    Faire un don Chaque don compte et nous vous remercions chaleureusement de votre générosité. Ensemble, nous pouvons faire une différence dans la vie des victimes et lutter pour la justice et la reconnaissance qu'elles méritent. Précision importante L’AVAQ n’est pas un organisme de bienfaisance reconnu par l’Agence du revenu du Canada, ce qui signifie que nous ne pouvons pas remettre de reçus pour vos déclarations d’impôts. Cependant, nous sommes ouverts à toute contribution monétaire, et sur demande, nous remettrons un reçu personnel à cet effet. Votre soutien financier est précieux, car il nous permet d'organiser des activités bénéfiques pour les victimes de l’amiante. Nous vous remercions sincèrement de votre solidarité envers notre cause et vous encourageons à sensibiliser vos proches aux dangers de l’amiante, ainsi qu'à les inviter à nous suivre sur notre groupe et notre page Facebook. Contribuer par chèque Vous pouvez faire un chèque personnel adressé à l’ordre de l’Association pour les victimes de l'amiante du Québec À l’adresse postale suivante: Association pour les victimes de l’amiante du Québec (AVAQ) C.P. 31 Succ. Pointe-aux-Trembles Montréal QC H1B 5K1 Contribuer par virement bancaire Vous pouvez envoyer le montant par interac à l’adresse courriel suivante: avaq.adm@gmail.com Cliquer ici pour avoir la procédure Méthodes de contribution N'oubliez pas que vous pouvez faire un don testamentaire!

  • Collaborateurs | AVAQ

    Collaborateurs Nous exprimons notre gratitude à tous nos partenaires et collaborateurs qui partagent notre vision et nous soutiennent dans notre mission. Ensemble, nous sommes déterminés à changer les choses et à faire progresser les droits des victimes de l'amiante. Nous vous invitons à découvrir nos collaborateurs et à rejoindre notre réseau pour faire une différence durable dans la vie des personnes touchées par cette tragédie.

  • Fiche d'exposition à l'amiante | AVAQ

    Fiche d'exposition à l'amiante Une fiche pour les personnes exposées à l’amiante L’amiante est une fibre minérale responsable de plusieurs maladies rares. L’exposition à cette fibre inquiète autant les travailleurs que les citoyens dans leur environnement immédiat. L’Association pour les victimes de l’amiante du Québec (AVAQ) offre à toutes les personnes qui croient avoir été exposées à la fibre d’amiante un accès libre et gratuit à cette fiche simple à compléter. Préserver une trace pour sa santé future Le but premier est de garder une trace de cette exposition et d’aviser son professionnel de la santé. Les maladies associées à l’amiante frappent un petit nombre d’individus et se développent très lentement. Il peut s’écouler plusieurs décennies avant que les premiers symptômes n’apparaissent. Décrire son exposition en ses propres mots Pour répondre aux demandes croissantes de personnes inquiètes de l’impact potentiel sur leur santé d’une exposition à la fibre d’amiante, l’AVAQ mise sur l’auto déclaration de son exposition. Prendre un moment pour colliger l’essentiel d’une exposition brève ou parfois échelonnée sur une plus longue période permet de décrire la nature de l’exposition dans vos propres mots. Est-ce liée à une activité dans le cadre de son travail ou davantage dans son environnement personnel à titre de citoyen ? Une fiche complète à conserver et partager L’AVAQ a choisi de produire une seule fiche combinant les deux types d’exposition et vous invite à compléter le volet professionnel ou environnemental. La mémoire étant une faculté qui oublie, nous vous invitons aussi à conserver votre fiche personnelle dans un endroit sécuritaire jusqu’au moment où un dépôt sécurisé et respectueux de vos renseignements personnel sera accessible sur notre site web avaq.org Si vous croyez que d’autres personnes de votre entourage ont pu être aussi exposées à l’amiante invitez les à compléter leur propre fiche individuelle. Une exposition à l’amiante vous préoccupe, complétez cette fiche! PDF dynamique numérique PDF simple imprimable Afin que le PDF numérique fonctionne correctement, veuillez l’ouvrir dans Adobe Reader. Vous pouvez télécharger le logiciel gratuitement ici

  • Camille, c787955c-b9d4-48ec-9a2b-8ec605358416

    < Retour Camille Mon père a eu le diagnostic en juillet 2002 qu il était atteint d un mésothéliome malin. Le plus gros cancer de l amiante. Il a souffert comme ça se peut pas il était lucide et se voyait mourir maigrir.Il nous demandait de l aider à mourir. De voir notre père mourir de cette terrible maladie nous a fait très mal. Nous venions de fêter le 50 ieme anniversaire de mariage de mes parents et il est décédé le 2 janvier 2003. Notre père nous manque et de voir que nous sommes obliger de nous battre pour avoir au moins une compensation qui a de l allure .J ai mis une photo de mes parents ils étaient heureux ensemble. Le choc de la maladie de mon père a rendu ma mère malade plus vite avec la maladie de l alzheimer qui a été déclarée en 2002 à avancer très vite après le choc. Perdre son père a cause d une maladie comme sa pire chose qui pouvait nous arriver nous ses enfants. Merci à vous d être la pour nous

  • Ghislaine, cf010455-5db4-4b52-a4d4-97a50fadfa71

    < Retour Ghislaine Ghislaine Fréchette 1943-2002 Nous étions en mars 1999. Depuis plusieurs mois déjà, Ghislaine, la mère de Jessica, Yzarra et Maya et ma conjointe, se sentait facilement fatiguée. Ça ne lui ressemblait pas. Ce jour-là, en fin de journée, nous sommes partis en raquette, comme nous avions coutume de le faire tous les printemps, pour parcourir l’érablière à Frampton. Après quelques centaines de mètres, Ghislaine s’est arrêtée, à bout de souffle. Nous sommes péniblement revenus au chalet. Là, elle ne pouvait même pas s’étendre pour se reposer. La seule position un peu confortable était assise bien droite. Elle a passé la nuit ainsi. Le lendemain, nous nous sommes rendus à l’hôpital de Lévis. La radiographie pulmonaire montrait un épanchement pleural massif qui comprimait les deux tiers de ses poumons. Hospitalisée, on lui a installé un drain, ce qui l’a beaucoup soulagée. Le liquide a été analysé. Le surlendemain, on rencontrait le pneumologue. Le liquide était stérile. Ce n’était pas une maladie infectieuse. Une nouvelle radiographie montrait un net épaississement de la plèvre à gauche. Le médecin a proposé une biopsie. Deux jours plus tard, nous rencontrions le pneumologue à nouveau. Le diagnostic était clair : un mésothéliome de la plèvre. Où avait-elle pu être exposée à l’amiante a demandé le médecin ? Nous étions trop sous le choc pour même y penser. Aucun traitement curatif n’était disponible. Le mieux qu’on pouvait faire était de provoquer une réaction inflammatoire au niveau de la plèvre pour empêcher la production de ce liquide qui la noyait. L’espérance de vie à partir de là était de six mois environ pour près de 80% des personnes que le pneumologue avait soignées. Tente jours plus tard, Ghislaine sortait de l’hôpital. Le talcage avait été un succès, les deux feuillets de la plèvre étaient bien soudés. Elle respirait librement. Mais une lente agonie se pointait. Ghislaine voulait vivre et elle a été bien entourée. Elle a vécu une trentaine de mois. À la fin de janvier 2002, épuisée et squelettique, elle est morte dans son sommeil. Où avait-elle été exposée à l’amiante ? Il nous semblait avoir tous été exposés. On créait des santons de Noël avec de la poudre d’amiante mise en pâte et moulés à la main dans ma famille. Les tunnels de l’Université Laval étaient recouverts d’amiante, Il y en avait partout. Ghislaine a été certainement été exposée plus intensément quand elle a travaillé à la rénovation de la vieille prison de Québec sur les Plaines pour créer l’auberge de jeunesse « La Petite Bastille » au début des années ’70. Puis elle a travaillé sept ans chez Électrolier à Ville d’Anjou à monter des ballasts de néon dont les fils étaient gainés d’amiante. C’est une autre vie précieuse et inestimable qui nous a été volée par l’amiante… Yv Bonnier Viger 24 avril 2023

  • Julie, 00000000-0000-0000-0000-000000000006

    < Retour Julie Une image qui en dit long sur la perte d'un être cher et merci à Julie de nous permettre de vous partager son texte lu le 28 avril 2021. D’abord, merci à vous tous qui prenez le temps d’assister à cette cérémonie pour rendre hommage à Jean et à M. Yves. S’ils étaient parmi nous, je suis certaine qu’ils seraient très émus de la mobilisation à leur égard. Quand j’ai su que l’Association pour les Victimes de l’amiante du Québec (AVAQ), avec le syndicat des professeurs (SGPUM), avait l’intention de faire une cérémonie commémorative en hommage à mon père, j’ai été très touchée. On nous a demandé, à ma mère et moi, si nous voulions dire quelques mots et j’ai souhaité participer. On m’a dit : «Ce ne sera pas long, juste 5 minutes!» et moi, étant de nature plutôt timide, je me suis dit «Parfait, je n’aurai pas à trop parler». Mais en m’asseyant pour rédiger ces quelques mots, l’ampleur de la tâche m’a parue insurmontable. Comment résumer, en 5 minutes, l’homme qu’était Jean? Impossible. Vous êtes nombreux à l’avoir connu, et plusieurs d’entre vous ont également eu la grande gentillesse d’écrire quelques lignes sur lui sur le site d’Urgel Bourgie ou sur le site que nous avons monté en son honneur, jeanrenaud.info . Vous avez été nombreux à souligner son intelligence, son oeil pétillant, son attitude sans prétention qui le rendait facile d’approche et de contact agréable, son amour pour les bonnes choses de la vie, le vin, la bouffe... Finalement, en réfléchissant à tout ce que vous avez écrit et en pensant à lui, à sa vie, aux «grands dossiers» qu’il a menés, je crois que je peux résumer qui il était en disant simplement qu’il était passionné. Surtout passionné d’apprendre et de comprendre le fonctionnement des choses. Cette passion l’a animé, autant quand il était petit et qu’il s’amusait dans la shoppe de son père à utiliser les grosses machines et à comprendre comment on s’installait pour faire une chaîne de montage, que plus tard, pour comprendre les défis et les enjeux de l’intégration des nouveaux arrivants à l’aide des méthodes quantitatives. D’ailleurs, il disait souvent «Moi, je ne travaille pas, je joue» lorsqu’il analysait ses données. Au lieu de lire un bon roman avant de se coucher, il lisait parfois le manuel de SPSS, pour le plaisir. Cette passion était tout aussi présente pour ses passe temps. Quand il a décidé qu’il souhaitait faire son pain, il a passé des mois à étudier, à lire sur le sujet, à expérimenter (avec ma mère et moi comme cobayes), à goûter le pain expérimental versus le pain contrôle. Et une fois le résultat satisfaisant, croyez vous qu’il s’est arrêté? Pas du tout. Il a continué de lire, d’essayer des choses, si bien que son pain est devenu bien plus que «satisfaisant», mais carrément délicieux. Je ne doute pas que ce même désir d’aller au fond des choses et de maîtriser son sujet en profondeur l’a guidé dans la mise sur pied de son étude longitudinale ENI, qui a été un de ses «grands dossiers». Jean avait également le génie d’arriver à transposer une chose qu’il avait apprise dans un domaine pour l’appliquer à un autre domaine nouveau. Par exemple, il est parmi les premiers àavoir appliqué à la sociologie des types d’analyses statistiques habituellement utilisées en démographie, en économie ou en biologie. Sur le plan plus personnel, il a transposé son expérience de chaîne de montage pour produire des poignées de porte en métal lorsqu’il aidait son père pendant l’été à sa shoppe pour faire une production efficace de poireaux blanchis et de compote de pommes pour l’hiver.Pas surprenant non plus que ce mode de découverte et d’apprentissage ait été l’une des bases de notre relation. Très tôt dans ma vie, il m’a fait la promesse qu’il m’apprendrait «tout ce qu’il savait». De cette façon, il m’offrait en quelque sorte son plus grand trésor : ses connaissances, mais surtout son goût pour la découverte et la compréhension des choses. Je crois que sa profonde curiosité intellectuelle a contribué à son succès professionnel : il a foncé dans ses projets, même si son approche pouvait être marginale à l’époque. Car les recherches quantitatives en sociologie n’étaient pas les plus populaires à l’époque. Je crois que cette attitude a aussi contribué à son succès «personnel», en quelque sorte. Il aimait les gens, et il aimait les voir animés d’un désir de comprendre et d’apprendre comme lui. Il aimait, et il avait un certain talent pour faire collaborer les gens. Depuis son adolescence, alors qu’il devenait président d’une association de 3 collèges classiques, jusqu’à l’Université où, alors qu’il dirigeait le Centre d’études ethnique de l’Université de Montréal (CEETUM), il a réussi à le rendre inter--universitaire. À l’approche de la retraite, il a souhaité obtenir le titre de professeur émérite, mais pas seulement pour la reconnaissance que cela représente... surtout pour conserver son accès à la bibliothèque de l’université et à sa richesse d’articles et de revues scientifiques. Même retraité, il est devenu le président du conseil d’administration des condos de Profil O, peu de temps après y avoir emménagé. Quel plaisir il a eu à découvrir comment fonctionnent tous les systèmes d’un grand édifice à condo, comme la ventilation, le chauffage et la climatisation, les différentes alarmes, etc., et à rassembler les gens pour en assurer la pérennité. Il a dû renoncer à la présidence suite à la découverte de son mésothéliome, mais il est toujours resté impliqué à la mesure de son énergie auprès du conseil d’administration. C’est ce diagnostic qui l’aura mené finalement vers son dernier «grand dossier», celui de la reconnaissance des victimes cols blancs de l’amiante, dont il fait partie. Vous comprendrez sûrement que, pour se battre pour la reconnaissance de son diagnostic comme étant une maladie professionnelle et tenter d’utiliser sa propre expérience pour faire évoluer le dossier de l’amiante au niveau de la société, cela prenait une énergie qu’on ne peut avoir en de telles circonstances que quand on est vraiment passionné. Cette passion qui l’a guidé dans ce dossier était celle de faire profiter à d’autres qui le suivraient du chemin qu’il aurait tracé pour eux, et de rendre par le fait même son expérience de la maladie riche de sens. Bien qu’il soit décédé avant d’avoir pu en voir la résolution finale, il aura réussi hors de tout doute à mettre ce dossier en lumière sur la place publique et à faire avancer les choses. Inutile peut--être de vous le dire, mais je le fais quand même, je suis très fière de l’avoir eu comme papa. Il me manque déjà beaucoup.

  • Jacques, 00000000-0000-0000-0000-000000000001

    < Retour Jacques Jacques Mercier père de Gilles dont voici le témoignage Inspecteur en santé et sécurité du travail pour la CSST/CNESST, d’aucune façon je n’aurais imaginé que mon père deviendrait une victime de l’amiante. À cette époque, malgré les responsabilités qui incombent au préventionniste que j’étais, mes connaissances des dangers associés à l’amiante étaient très limitées. La problématique amiante en établissement n’était pas une priorité pour l’organisation. Ce n’est que vers 2010, en raison d’une toux persistante, que j’ai commencé à discuter avec mon père d’une exposition possible à l’amiante dans ses activités professionnelles. Je lui ai alors remis des dépliants et articles de périodiques sur le sujet afin qu’il les présente à son pneumologue de Chicoutimi. Pour ce spécialiste, il était impossible que ses activités professionnelles soient en cause et toute exposition possible à l’amiante était de facto exclue. C’est en 2013 que des médecins du CHUM ont finalement diagnostiqué l’amiantose, diagnostic qui a même été mis en doute par son pneumologue traitant. Mon père a débuté sa carrière à la fin des années cinquante comme ferblantier pour une entreprise spécialisée en chauffage. Pendant la saison chaude, pour ne pas mettre à pied ses employés et risquer de les perdre, l’entreprise prenait des contrats de toiture. C’est pendant ces activités, lorsqu’il agissait comme couvreur, que mon père a été le plus exposé à l’amiante. En effet, un toit plat goudronné doit être recouvert de gravier, de pierres concassées pour le protéger de la chaleur et des rayons du soleil. L’entreprise s’approvisionnait en pierre concassée à Thedford Mines, de gravier produit à partir des débris miniers provenant de l’extraction de l’amiante. Le gravier était transporté par camion au chantier, pelleter dans des chaudières, monter sur le toit et étendu manuellement. Les émissions de poussières étaient importantes lors de ces travaux. Les derniers mois de la vie de mon père ont été très difficiles : prise de plusieurs médicaments, besoin accru d’oxygène, installation d’un drain permanent pour évacuer le liquide de ses poumons et perte progressive de ses moyens et capacités. Malgré tout, il restait lucide à cent pour cent. C’est comme si le peu d’oxygène disponible dans son corps était principalement dirigé vers son cerveau. Dans les dernières semaines, nous devions soulever ses jambes sur le lit pour l’aider à s’étendre. Mon père était un homme généreux, actif, impliqué dans sa communauté et toujours prêt à rendre service. L’amiante lui a volé plusieurs années de sa vie de retraitée avec son épouse, ses enfants et petits-enfants et ses nombreux amis et collègues retraités.

  • Actualités | AVAQ

    Actualités Au Québec Amiante à l’école ou au bureau: une nouvelle carte vise à informer Une carte pour prévenir les morts liées à l’amiante Le registre de l'amiante du Québec révèle un danger caché dans 3 000 bâtiments publics (article en anglais) L'action collective contre la CNESST Le plafond leur tombe littéralement sur la tête: un étage d'un bâtiment du réseau de la santé condamné en raison de la présence d'amiante Les proches d’une ancienne infirmière auxiliaire exposée à l’amiante gagnent leur bataille La grève de l'amiante de 1949 Télé Québec Décoloniser l'histoire Reportage d'Éric Jonckheere à la radio anglaise de Radio Canada Résidus miniers et captage du carbone Une entrevue de notre conseiller scientifique le 10 octobre : Est-ce que toutes les maisons contiennent de l'amiante? Les résidus miniers métamorphosés Les résidus miniers Amiante : pourquoi la CNESST cache-t-elle des infos financières aux proches des victimes québécoises? À l'international Le gouvernement britannique rejette la pétition relative au retrait de l'amiante En Europe: l'amiante et pourquoi il est particulièrement dangereux pour les travailleurs Suivez-nous sur Facebook et YouTube!

  • Notre équipe | AVAQ

    Notre équipe Le conseil d'administration Président Javier Blondal Professionnel du domaine de la santé et de la sécurité au travail, il œuvre depuis 2004 à titre d’inspecteur en décontamination en présence d’amiante et de moisissures, ainsi qu’en surveillance de travaux de décontamination et de dégarnissage sur des chantiers de différentes envergures. Au fil de sa carrière, il a participé à de nombreux projets comportant des défis techniques variés, ce qui lui a permis de développer une solide expertise terrain. Spécialiste senior en gestion des matières préoccupantes, en hygiène industrielle et en santé et sécurité, il est responsable de la gestion globale des projets. Il intervient à toutes les étapes, allant de l’élaboration des offres de service à la définition des méthodologies, en passant par la supervision, la coordination et la surveillance des travaux, la rédaction de rapports et de devis, la caractérisation des matériaux ainsi que la gestion et l’interprétation des analyses d’échantillons d’air et de matériaux. Depuis novembre 2024, il exerce également les fonctions de Coordonnateur en santé et sécurité (CoSS) , assurant la conformité réglementaire des chantiers, la prévention des risques et le suivi des mesures de contrôle afin de maintenir des environnements de travail sécuritaires. Vice-présidente Céline Giguère Retraitée du Syndicat canadien de la fonction publique où j'ai travaillé à titre de coordonnatrice du service de santé et de sécurité du travail pendant plus de 15 ans. Mes interventions se sont faites tant au niveau de l’indemnisation que de la prévention J'ai participé aussi à de nombreux travaux de recherche sur le sujet. Administrateur Daniel Green Politicien canadien, environnementaliste et vulgarisateur scientifique. Depuis plus de 30 ans, il se consacre à la problématique des substances toxiques dans l'environnement. Il est reconnu pour sa capacité à vulgariser des concepts scientifiques complexes en écotoxicologie et à sensibiliser le public aux enjeux environnementaux. En tant que consultant pour plusieurs associations environnementales tel que « Société pour vaincre la pollution (SVP) » ou l'AVAQ , il intervient régulièrement sur des questions telles que la contamination de l'environnement, l'amiante et les dangers de la pollution sur la santé publique. Administrateur Marc Robidoux Né à Montréal et déménagé à Murdochville en plein coeur de la Gaspesie à l'âge de 11 ans. J'ai fait mes débuts dans le syndicat à l'âge de 17 ans comme responsable des jeunes durant la grève des Métallos de 9 mois à Murdochville en 1979. Je suis délégué social FTQ depuis plus de 30 ans. Délégué syndical pour L'AFPC Canada depuis 25 ans. J'ai été président de la section locale de Matane pendant 15 ans et co-président syndical du Comité local de santé et sécurité au travail. Je suis aussi intervenant en santé mentale. Aujourd'hui je suis 2ieme VP de ma section locale et membre du comité mixte en santé mentale et en santé et sécurité au travail. Mon père est décédé en 2007 de l'amiantose c'est ma principale motivation à mon implication Administratrice Marie Cajuste Professionnelle du domaine de la santé et des services sociaux comptant plus de vingt ans d'expérience en analyses biomédicales, son bagage académique se compose d'un baccalauréat par cumul, comprenant un certificat en gestion et assurance de la qualité, un mineur en santé et sécurité au travail, ainsi que d'un certificat en relations industrielles. Sa motivation à s'investir au sein de l’AVAQ, découle d'une sensibilisation résultant du vécu d'une collègue universitaire ayant été touchée de près par l'amiantose. Elle désire depuis lors, s'engager dans la sensibilisation et la prévention auprès des travailleurs exposés à l'amiante, en plus d’apporter son soutien aux personnes victimes de l'amiantose. De par sa formation polyvalente et sa passion pour la promotion de la santé et de la sécurité au travail, elle est une actrice engagée, prête à intervenir de manière holistique et à contribuer activement à la mission de l’AVAQ. Administrateur Yv Bonnier Viger Médecin et épidémiologiste reconnu, spécialiste en santé publique et médecine préventive. Il occupe actuellement le poste de directeur régional de santé publique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et est professeur à l'Université Laval. Son engagement envers les communautés autochtones, sa lutte contre l'épidémie de sida en Afrique francophone et sa défense de la santé publique sont des éléments clés de sa carrière. Yv Bonnier Viger est également un fervent défenseur de la réduction des inégalités sociales de santé. Son travail et ses contributions ont été récompensés par plusieurs prix et distinctions. Administratrice Diane Parent Diane a joint le ÇA de l’AVAQ en 2024. Elle a débuté sa carrière comme hygiéniste industrielle au sein d’un département de santé communautaire où elle a fait l’identification des risques dans une variété de milieux de travail. Elle en ensuite œuvré au sein de la direction de santé publique de Montréal. En 2002, elle a joint l’équipe de l’ASSTSAS comme directrice générale. Passionnée de santé et sécurité au travail, Diane a toujours eu à cœur la prévention et a travaillé en faveur de milieu de travail plus sain et sécuritaire. Administrateur et conseiller scientifique Michel Camus Michel détient un doctorat en épidémiologie et en biostatistique. Il a travaillé pendant 25 ans sur les effets des fibres d’amiante sur les risques de cancers. Il a notamment étudié les cancers chez les femmes vivant dans les régions d’Asbestos et de Thetford Mines. Épidémiologiste principal en santé environnementale à Santé Canada, il a mené deux analyses de risques des populations exposées aux fibres d’amiante et à la vermiculite au Canada, et il a piloté en 2008 un panel international d’experts pour définir le consensus scientifique sur les risques associés à l’amiante chrysotile. En 2021, il a participé comme expert au BAPE sur les résidus miniers amiantés. De juin 2024 à juin 2025, il a été conseiller scientifique en santé publique à l’Observatoire national de l’amiante. Il est conseiller scientifique de l’AVAQ depuis 2020. Les conseillers Coordonnateur aux activités de l'AVAQ Daniel Legros Bénévole depuis 2019, et ayant occupé plusieurs fonctions au sein du Conseil d'administration dont secrétaire trésorier jusqu'en septembre 2026. Daniel veillera au maintien de la permanence de l'AVAQ. Conseiller scientifique Norman King Il a obtenu sa maîtrise en épidémiologie de l'Université McGill en 1978 et a fait une carrière de 35 ans dans le domaine de la santé au travail et de la santé environnementale. Actuellement retraité, il agit comme chargé de cours en santé et sécurité du travail à l'UQAM. Son rôle en tant que conseiller scientifique pour l'AVAQ l'amène à soutenir les victimes de maladies professionnelles causées par l'amiante et leurs familles dans le processus de réclamation pour maladie professionnelle. Il produit des expertises et témoigne en tant qu'expert devant les tribunaux. Il fournit également des informations scientifiques à l'AVAQ pour leurs interventions publiques visant à améliorer l'indemnisation et la prévention des maladies professionnelles causées par l'amiante. Conseillère juridique Sophie Mongeon Avocate spécialisée en défense des accidentés de la route, du travail, relations de travail et assurances invalidités, Sophie est diplômée de l'Université de Montréal et membre du Barreau du Québec depuis 1997. Après avoir été confrontée au décès de son père d'une infection nosocomiale contractée en centre hospitalier, elle est initiée au fonctionnement d’une association afin de militer pour le changement en étant membre de l’Association des victimes des infections nosocomiales (ADVIN). Forte de cette expérience et voulant faire plus que défendre les travailleurs.euses ou Successions de gens souffrant d’une exposition à l’amiante devant les tribunaux elle veut en faire plus et elle se joint, en tant qu'avocate-conseil pour l'Association des victimes de l'amiante (AVAQ), en informant les citoyens de leurs droits. Sophie Mongeon est fréquemment invitée à commenter l'actualité à la télévision et à la radio. Elle est l’animatrice du podcast "À Deux Maîtres" mais elle est surtout reconnue pour les capsules présentées sur TikTok avec 75 000 abonnées et vidéos vus plus de 10 Millions de fois. Son travail acharné a été récompensé par Best Lawyers Magazine et Lawyer Monthly.

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