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  • Faire un don | AVAQ

    Faire un don Chaque don compte et nous vous remercions chaleureusement de votre générosité. Ensemble, nous pouvons faire une différence dans la vie des victimes et lutter pour la justice et la reconnaissance qu'elles méritent. Précision importante L’AVAQ n’est pas un organisme de bienfaisance reconnu par l’Agence du revenu du Canada, ce qui signifie que nous ne pouvons pas remettre de reçus pour vos déclarations d’impôts. Cependant, nous sommes ouverts à toute contribution monétaire, et sur demande, nous remettrons un reçu personnel à cet effet. Votre soutien financier est précieux, car il nous permet d'organiser des activités bénéfiques pour les victimes de l’amiante. Nous vous remercions sincèrement de votre solidarité envers notre cause et vous encourageons à sensibiliser vos proches aux dangers de l’amiante, ainsi qu'à les inviter à nous suivre sur notre groupe et notre page Facebook. Contribuer par chèque Vous pouvez faire un chèque personnel adressé à l’ordre de l’Association des victimes de l'amiante du Québec À l’adresse postale suivante: ​ Association des victimes de l’amiante du Québec (AVAQ) C.P. 31 Succ. Pointe-aux-Trembles Montréal QC H1B 5K1 Contribuer par virement bancaire Vous pouvez envoyer le montant par interac à l’adresse courriel suivante: ​ avaq.adm@gmail.com ​ Cliquer ici pour avoir la procédure Méthodes de contribution N'oubliez pas que vous pouvez faire un don testamentaire!

  • Copie de Maladies | AVAQ

    Maladies L'amiante est une substance toxique qui a eu des conséquences dévastatrices sur la santé de nombreuses personnes. Ici, vous trouverez des informations détaillées sur les maladies respiratoires et les cancers liés à l'amiante, tel que le mésothéliome, le cancer du poumon et l'amiantose, ainsi que leurs symptômes, leurs traitements et les mesures de prévention à prendre. Télécharger la section 3.1 du Rapport 351 du BAPE Le BAPE est une organisation indépendante chargée d'évaluer les projets et les politiques en matière d'environnement au Québec. Le rapport 351 examine l’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés au Québec. Le mandat de l'INSPQ ​ En 2003, l'INSPQ a reçu le mandat de développer et d’implanter un système de surveillance des expositions à l’amiante au Québec et des maladies qui en découlent. Plaques pleurales Les plaques pleurales, causées par l'amiante, épaississent les membranes pulmonaires, entraînant parfois douleurs thoraciques, difficultés respiratoires et toux. Elles signalent une exposition passée à l'amiante, augmentant le risque de maladies graves. ​ En Europe, il est possible de recevoir une indemnisation si l'on est diagnostiqué avec des plaques pleurales. Cependant, jusqu'à présent, cela n'est pas le cas au Québec. En savoir plus Amiantose L'amiantose est une maladie pulmonaire due à l'exposition à l'amiante, avec fibrose et capacité pulmonaire réduite. Symptômes : respiration sifflante, toux, oppression thoracique et fatigue. Non-cancéreuse, mais complications possibles et risques accrus d'autres affections respiratoires. Source 1 APQ Source 2 INSPQ Cancer du poumon Le cancer pulmonaire grave est causé par l'exposition prolongée à l'amiante. Symptômes : toux persistante, douleurs thoraciques, perte de poids, fatigue. Dépistage précoce et traitement essentiels. Source 1 SCC Source 2 APQ Mésothéliome Le mésothéliome est un cancer rare des membranes protectrices des organes internes, causé principalement par l'amiante. Symptômes : douleur thoracique, toux persistante, fatigue, perte de poids, essoufflements. Diagnostic souvent à un stade avancé. Sensibilisation et dépistage précoce essentiels pour améliorer les chances de survie et les options de traitement. Source 1 SCC Source 2 APQ Source 3 FCM Cancer larynx Le cancer du larynx est une forme de cancer qui affecte la gorge et les cordes vocales. Les symptômes courants incluent une voix enrouée persistante, des difficultés à avaler, une douleur dans la gorge et une toux chronique. Source 1 SCC Source 2 ANSES Autres cancers Les autorités scientifiques et sanitaires ont de plus en plus de preuves que les expositions aux fibres d'amiante causent d'autres types de cancers tels Ovaires Colorectal Pharynx Œsophage Estomac Rectum Foie Ovaires Ovaires

  • But et Mission | AVAQ

    Notre but Promouvoir la solidarité et l'entraide entre les victimes de l'amiante, qu'elles aient été exposées dans le cours de leur travail, par le contact quotidien avec des travailleurs ayant été exposés à l'amiante, ou dans l’environnement. Notre mission Assister Accompagner les victimes dans la défense de leurs droits afin d'avoir une indemnisation des préjudices subis. Communiquer Informer la population des dangers inhérents à l'exposition aux poussières d'amiante, dans le contexte actuel. Protéger Défendre auprès des pouvoirs publics le droit des victimes à une compensation financière. Fortifier Renforcer et promouvoir les mesures de prévention en milieu de travail et dans l'environnement.

  • Ghislaine, cf010455-5db4-4b52-a4d4-97a50fadfa71

    < Retour Ghislaine Ghislaine Fréchette 1943-2002 Nous étions en mars 1999. Depuis plusieurs mois déjà, Ghislaine, la mère de Jessica, Yzarra et Maya et ma conjointe, se sentait facilement fatiguée. Ça ne lui ressemblait pas. Ce jour-là, en fin de journée, nous sommes partis en raquette, comme nous avions coutume de le faire tous les printemps, pour parcourir l’érablière à Frampton. Après quelques centaines de mètres, Ghislaine s’est arrêtée, à bout de souffle. Nous sommes péniblement revenus au chalet. Là, elle ne pouvait même pas s’étendre pour se reposer. La seule position un peu confortable était assise bien droite. Elle a passé la nuit ainsi. Le lendemain, nous nous sommes rendus à l’hôpital de Lévis. La radiographie pulmonaire montrait un épanchement pleural massif qui comprimait les deux tiers de ses poumons. Hospitalisée, on lui a installé un drain, ce qui l’a beaucoup soulagée. Le liquide a été analysé. Le surlendemain, on rencontrait le pneumologue. Le liquide était stérile. Ce n’était pas une maladie infectieuse. Une nouvelle radiographie montrait un net épaississement de la plèvre à gauche. Le médecin a proposé une biopsie. Deux jours plus tard, nous rencontrions le pneumologue à nouveau. Le diagnostic était clair : un mésothéliome de la plèvre. Où avait-elle pu être exposée à l’amiante a demandé le médecin ? Nous étions trop sous le choc pour même y penser. Aucun traitement curatif n’était disponible. Le mieux qu’on pouvait faire était de provoquer une réaction inflammatoire au niveau de la plèvre pour empêcher la production de ce liquide qui la noyait. L’espérance de vie à partir de là était de six mois environ pour près de 80% des personnes que le pneumologue avait soignées. Tente jours plus tard, Ghislaine sortait de l’hôpital. Le talcage avait été un succès, les deux feuillets de la plèvre étaient bien soudés. Elle respirait librement. Mais une lente agonie se pointait. Ghislaine voulait vivre et elle a été bien entourée. Elle a vécu une trentaine de mois. À la fin de janvier 2002, épuisée et squelettique, elle est morte dans son sommeil. Où avait-elle été exposée à l’amiante ? Il nous semblait avoir tous été exposés. On créait des santons de Noël avec de la poudre d’amiante mise en pâte et moulés à la main dans ma famille. Les tunnels de l’Université Laval étaient recouverts d’amiante, Il y en avait partout. Ghislaine a été certainement été exposée plus intensément quand elle a travaillé à la rénovation de la vieille prison de Québec sur les Plaines pour créer l’auberge de jeunesse « La Petite Bastille » au début des années ’70. Puis elle a travaillé sept ans chez Électrolier à Ville d’Anjou à monter des ballasts de néon dont les fils étaient gainés d’amiante. C’est une autre vie précieuse et inestimable qui nous a été volée par l’amiante… Yv Bonnier Viger 24 avril 2023

  • Yves, 2ffeb4d0-1730-4e64-b36c-d66873b4e4f6

    < Retour Yves Au nom de la famille Corbin-Charland. Depuis maintenant plus de trois ans, Yves Charland, a quitté sa conjointe et ses deux fils. Même s’il a été un sportif toute sa vie et qu’il avait un travail de bureau, il a tout de même été emporté par un cancer fulgurant lié à l’amiante. Les travaux sur son lieu de travail à l’Université de Montréal ont fait qu’il a respiré des poussières qui l’ont tué trente ans plus tard. Durant sa maladie, notre père nous disait souvent qu’il n’avait jamais été aussi mal dans sa vie et ce fut une période très pénible et douloureuse pour lui. Entre le moment de son diagnostic et son décès, il s’est écoulé tout juste un mois. Ce fut une période trop courte pour lui faire nos adieux alors que nous étions pris par toutes les décisions liées aux soins médicaux. Ce départ précipité a donc rendu notre deuil plus ardu parce que tout s’est fait tellement rapidement. Il a fallu se résigner au fait qu’on ne le verrait plus, surtout notre mère qui venait de perdre son conjoint de plus de 35 ans. Ensuite, notre famille a dû composer avec la complexité des demandes d’indemnisation auprès de la CNESST. L’employeur a d’abord contesté la décision, ce qui a rallongé inutilement le processus. Puis, les délais administratifs ont aussi conduit à étendre le deuil alors que nous étions périodiquement ramenés dans cette histoire funeste. En fait, nous venons tout juste de terminer les dernières démarches administratives, plus de trois ans après le décès, ce qui est déraisonnable pour une famille qui veut clore ce chapitre désolant. Notre famille a vécu plusieurs expériences depuis son départ et bien tristement, notre père n’a pas pu y prendre part. À cet égard, nous apprêtons tous à faire un voyage l’été prochain en Corée du Sud, car la conjointe d’un de ses fils est Coréenne et qu’ils vont s’y marier. C’est une belle célébration de la vie à laquelle il aurait pu être avec nous, mais la maladie nous a enlevé cette perspective heureuse. Enfin, comme Yves Charland disait à ses enfants qu’ils étaient la plus belle chose qui lui soit arrivée, ses deux fils ont, à leur tour, le projet d’avoir des enfants. Toutefois, notre père n’aura pas la chance de les rencontrer et en retour, ceux-ci ne connaitront jamais leur grand-père. C’était un homme qui aimait les enfants et qui aurait fait un excellent grand-papa, mais personne ne pourra vivre ce bonheur parce que l’amiante l’a emporté trop tôt.

  • Jacques, 1b082df9-d852-4546-aba8-8ffd5e93cc3e

    < Retour Jacques Mon père est décédé d'un mésothéliome. Il était un bon vivant, toujours souriant et qui aimait la vie et ses proches avant cette maladie. Là on ne l'a plus. Ça nous a déchiré , fait faire des dépressions, séparé la famille et j'en passe.

  • André, c8c19cc9-8869-41bb-8e7d-ead11c2d6557

    < Retour André Mon conjoint André, a l'âge de 69 ans à été diagnostiqué d'un mésothéliome malin de la plêvre le 22 juillet 2022. Il a souffert le martyre comme c'est difficile de l'imaginer. Son corps c'est complètement atrophié et il est décédé le 15 mars 2023. Il a été pompier pendant 31 ans. Il a été bénévole pour les Scouts du Québec pendant 13 ans. C'était un chasseur et un pêcheur. Il avait la passion pour les chiens de chasse, dont il a fait l'élevage et le dressage pendant plusieurs années. Il aimait transmettre son savoir, ce qu' il faisait avec générosité, et savait expliqué les choses et c'était toujours très intéressant.Tous les deux on avait la tête pleine de projets, mais notre plus grand projet était de vieillir ensemble.Son départ a créé un grand vide dans ma vie et aussi dans celle de beaucoup de gens. Sa mémoire restera gravé pour toujours dans nos cœurs.

  • Registre des batiments | AVAQ

    Registre des bâtiments d'organismes publics contenant de l'amiante Carte contenant les propriétés qui ont été documentées comme porteuses d'amiante

  • Copie de Maladies | AVAQ

    Maladies L'amiante est une substance toxique qui a eu des conséquences dévastatrices sur la santé de nombreuses personnes. Ici, vous trouverez des informations détaillées sur les maladies respiratoires et les cancers liés à l'amiante, tel que le mésothéliome, le cancer du poumon et l'amiantose, ainsi que leurs symptômes, leurs traitements et les mesures de prévention à prendre. Télécharger la section 3.1 du Rapport 351 du BAPE Le BAPE est une organisation indépendante chargée d'évaluer les projets et les politiques en matière d'environnement au Québec. Le rapport 351 examine l’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés au Québec. Le mandat de l'INSPQ ​ En 2003, l'INSPQ a reçu le mandat de développer et d’implanter un système de surveillance des expositions à l’amiante au Québec et des maladies qui en découlent. Le réseau canadien des survivants du cancer Le RCSC prépare en ce moment une documentation de base sur l’amiantose, le mésothéliome et le cancer du poumon Plaques pleurales Les plaques pleurales, causées par l'amiante, épaississent les membranes pulmonaires, entraînant parfois douleurs thoraciques, difficultés respiratoires et toux. Elles signalent une exposition passée à l'amiante, augmentant le risque de maladies graves. ​ En Europe, il est possible de recevoir une indemnisation si l'on est diagnostiqué avec des plaques pleurales. Cependant, jusqu'à présent, cela n'est pas le cas au Québec. En savoir plus Amiantose L'amiantose est une maladie pulmonaire due à l'exposition à l'amiante, avec fibrose et capacité pulmonaire réduite. Symptômes : respiration sifflante, toux, oppression thoracique et fatigue. Non-cancéreuse, mais complications possibles et risques accrus d'autres affections respiratoires. Source 1 APQ Source 2 INSPQ Cancer du poumon Le cancer pulmonaire grave est causé par l'exposition prolongée à l'amiante. Symptômes : toux persistante, douleurs thoraciques, perte de poids, fatigue. Dépistage précoce et traitement essentiels. Source 1 SCC Source 2 APQ Mésothéliome Le mésothéliome est un cancer rare des membranes protectrices des organes internes, causé principalement par l'amiante. Symptômes : douleur thoracique, toux persistante, fatigue, perte de poids, essoufflements. Diagnostic souvent à un stade avancé. Sensibilisation et dépistage précoce essentiels pour améliorer les chances de survie et les options de traitement. Source 1 SCC Source 2 APQ Source 3 FCM Cancer larynx Le cancer du larynx est une forme de cancer qui affecte la gorge et les cordes vocales. Les symptômes courants incluent une voix enrouée persistante, des difficultés à avaler, une douleur dans la gorge et une toux chronique. Source 1 SCC Source 2 ANSES Autres cancers Les autorités scientifiques et sanitaires ont de plus en plus de preuves que les expositions aux fibres d'amiante causent d'autres types de cancers tels Ovaires Colorectal Pharynx Œsophage Estomac Rectum Foie Ovaires Ovaires

  • Impliquez-vous | AVAQ

    Devenez membre de l’AVAQ! Nous comprenons que l'amiante a eu un impact dévastateur sur votre vie ou celle de vos proches. Votre histoire est précieuse et peut aider à sensibiliser les autres, à soutenir les victimes et à promouvoir la lutte contre l'amiante. Remplir le formulaire d'adhésion Imprimer le formulaire d'adhésion Pourquoi s'impliquer? L’adhésion à l’AVAQ permet d’être informé sur les activités de l’association et sur la problématique de l’amiante au Québec, au Canada et dans le monde. En devenant membre vous pourrez voter à l’assemblée générale, participer aux comités de travail et présenter sa candidature au Conseil d’administration de l’association. Politique de protection des données L’AVAQ s’engage à ne pas partager ou diffuser les renseignements personnels des membres que ce soit leurs nom, adresse courriel ou numéro de téléphone. En tout temps, le membre aura la possibilité de ne plus recevoir l’information de l’association et de retirer son courriel de la liste de distribution. Prêt à payer votre cotisation? Méthodes de paiments Adhésion et cotisation annuelle Veuillez remplir le formulaire ci-dessous afin de nous transmettre vos coordonnées et répondre à quelques questions. Prénom Nom Courriel ou adresse postale Téléphone Pourquoi voulez-vous devenir membre de l'association? Dans quel(s) comité(s) souhaitez-vous vous impliquer ? Comité victimes de l'amiante Comité prévention/d'environnement Conseil d'administration Comité recherche de financement De quelle manière souhaitez-vous payer votre cotisation annuelle (10$)? Je m'engage à faire un virement bancaire (Interac) Je m'engage à faire un chèque bancaire (par la poste) Envoyer Merci pour votre envoi !

  • Rejean, 1e67d779-5b6c-4f68-8d96-aa756a65d35c

    < Retour Rejean Mémoire présenté au Bureau d’Audiences Publiques Environnementales (BAPE) dans le cadre des enquêtes sur l’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés par Sylvie Provost , fille d’une victime décédée en 2017. Madame et messieurs les commissaires, Je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous faire part du drame horrible que doit vivre une victime et sa famille à l’annonce de la maladie d’amiantose et de tout le processus judiciaire qui s’en suit. Mon père a appris le 8 juin 2016 être atteint d’amiantose. Un choc brutal pour toute la famille. Le début d’un enchainement d’examens médicaux avec le CMPP. Il était très faible, fragilisé par la maladie et très vulnérable. Il avait peur. Lors du diagnostic du CMPP, il n’a pas compris ce qui se passait, je l’ai saisi à la fin quand il a demandé aux pneumologues, les yeux dans l’eau : Quelles pilules vous allez me donner pour guérir? Tout le monde était mal à l’aise, il n’avait pas compris. Les pneumologues lui ont répété qu’il n’y en avait pas. Que ce qui va l’aider le plus c’est l’oxygène. Ce fut très bref comme explication. Personne n’a osé lui dire qu’il allait mourir, mais tout le monde savait même lui, mais il n’a pas voulu l’entendre. C’était en septembre 2016. On est reparti en silence et nous n’en avons pas reparlé avant le mois de novembre, mon père ne voulait pas. À ce moment commence l’enchainement des hospitalisations, l’intégration de l’oxygène et la répétition de ses détresses respiratoires. Tout ceci fut horrible à vivre. À chaque crise il voulait mourir. Il perdait toute son autonomie, se sentais comme un chien enchainé à son oxygène. Il n’avait plus aucune qualité de vie, terminé pour lui le billard, sa sortie au restaurant le dimanche, et ses parties de bingo, un de ses petits plaisirs. Et surtout il ne pouvait plus conduire. Il est devenu dépendant. La mort l’attendait, dans le couloir à respir, avec chaque respiration qu’il n’était pas capable de prendre. Nous avons été très bien accompagnés par les agents de la CNESST. Ces femmes ont été formidables offrant à mon père tous les services dont il avait besoin lorsque sa condition se détériorait. J’avais un contact direct avec elles et souvent dans la journée même elles nous trouvaient une solution. Nous nous sentions supportés. Mais, le 15 juin 2017 à 10h30 tout s’est arrêté. Mon père est décédé, noyé dans ses poumons. Un moment horrible dont les images ne s’effaceront jamais de nos mémoires. Et le comble dans tout ça, toute l’aide que l’on recevait c’est arrêté du même coup. L’avocat du syndicat de l’entreprise à laquelle il a cotisé pendant 42 ans, nous a annoncé qu’il ne pouvait plus représenter mon père car il est décédé et que le syndicat ne représente que les membres vivants. Les services avec la CNESST se sont arrêtés aussi abruptement, sauf pour les déboursés relatifs aux funérailles. Nous nous retrouvions seules, ma mère, ma sœur et moi. Désemparées, après avoir été si bien accompagnées. De surcroit, l’employeur conteste la décision de la CNESST en affirmant que mon père n’était pas atteint d’amiantose. J’ai tenté d’obtenir de l’information, de l’aide de la CNESST pour savoir comment ça se passe devant le tribunal. Est-ce que quelqu’un peut m’accompagner ou à tout le moins m’informer? Cela ne fait pas partie de leur mandat. Mais on me rassure en m’affirmant qu’avec le dossier du CMPP, le certificat de décès et tout le dossier de l’hôpital, je détiens toute ma preuve, que c’est suffisamment complet, que je n’aurai rien d’autre à faire que de me présenter en cours et que c’est le juge qui va examiner le dossier, qu’il est habitué et de ne pas m’inquiéter. Qu’il ne sert à rien de prendre un avocat, qu’il nous en coûtera trop cher et que ça ne vaut pas la peine. L’angoisse m’envahit. Je vis énormément de colère de ce peu d’informations et de supports. C’est ma santé qui dégringole face à tout ça. J’ai rencontré quelques avocats, mais leur méconnaissance de cette maladie ne m’inspirait pas confiance. Ils voulaient que je leur donne de l’argent avant même d’avoir lu le dossier. Et me faisait des promesses auxquelles je n’ai pas cru. Quelques jours avant la première audience j’ai reçu le rapport d’expertise écris par le Dr xxxxx médecin expert de l’employeur, xxxxx. Ouf ! J’ai réalisé que ce n’était absolument pas aussi simple qu’on l’avait prétendu. Alors, j’ai décidé de faire mon cours amiantose 101 en autodidacte sur internet et de faire honneur à mon père en empêchant cet homme de dire que tous les médecins qui l’ont soigné se sont trompés et que lui seul a raison, selon sa prétention. 22 médecins se sont prononcés, confirmant le diagnostic à chacune de ses hospitalisations. J’ai travaillé jour et nuit, à m’en rendre malade, mais je n’ai pas abandonné. J’ai lu et relu au moins 250 jurisprudences. J’ai lu la loi. J’ai lu des études dont les premières lectures étaient complètement du chinois pour moi. Je me suis familiarisé avec la terminologie et réussi à réunir les informations nécessaires pour avoir une défense qui pourrait retenir l’attention de la juge. J’ai même réussi à relever des erreurs de l’anatomopathologiste et des mensonges honteux de la part du médecin expert mandaté par l’employeur. Ce procès fut interminable. Il y a eu 2 remises. 3 journées d’audition dont la dernière a eu lieu le 15 janvier 2019. Nous devions recevoir la décision en avril 2019, mais la juge a réclamé 3 demandes de prolongation. Elle a commencé à travailler sur notre dossier seulement en juin et ne l’a pas terminé et est partie en congé de maladie. Et depuis le 15 juillet 2019, nous sommes sans nouvelles du tribunal, sauf pour les quelques informations que j’obtiens lorsque j’appelle sa secrétaire. Trois ans, 2 mois et 16 jours après l’acte introductif, nous sommes toujours en attente d’une décision du tribunal. C’est inhumain. Car 11 autres travailleurs sont malades à cette entreprise, dont un autre travailleur est décédé au début de l’année 2019. Je sais que cette décision est importante car elle fera jurisprudence et je l’espère aidera ces travailleurs qui subiront le même sort que mon père et qu’eux aussi seront désemparés lorsque l’employeur fautif en appellera de la décision de la CNESST. Qu’au-delà de la mort d’un époux, d’un père, d’un frère ils auront à souffrir des années avant de pouvoir faire leur deuil car chaque soir ils s’endormiront dans l’attente d’une 4 décision qui ne vient jamais. Et au-delà de l’argent, ce que l’on désire c’est que les responsables assument leurs responsabilités après avoir causé par leur insouciance autant de maladies débilitantes et mortelles provoquant ainsi des souffrances intenables aux victimes des ces maladies et leurs familles. Tout ce qu’ils veulent, c’est faire des profits impunément. Ce fut le seul employeur de mon père, il a débuté son travail chez eux en 1959. Cet employeur savait que mon père avait des plaques pleurales depuis 1989, car chaque année ils passent des radiographies pulmonaires à leurs employés. C’est inscrit noir sur blanc dans le dossier de mon père : plaques pleurales, contact avec l’amiante par le passé. Ce que j’aurais aimé pour moi et ma famille et ce que j’aimerais pour l’avenir, pour les prochaines victimes, car il y en aura d’autres et ce scénario se répétera à coup sûr, est d’avoir obtenu plus de support de la part de la CNESST lors de la contestation du dossier par l’employeur. En effet, ce ne sont pas toutes les victimes et leurs familles qui ont les moyens d’engager des avocats et des témoins-experts pour contrer les expertises obtenues par l’employeur. Ce n’est pas donné à tout le monde non plus de fouiller la littérature scientifique et la jurisprudence pour se préparer pour l’audition devant le TAT. En conséquence, la CNESST devrait mieux outiller les victimes de maladies causées par l’amiante et leurs familles pour faire face à des contestations venant des employeurs : En fournissant des informations scientifiques à jour (ex. seuil sécuritaire d’exposition à l’amiante comme cause de cancer n’est pas encore identifié par les scientifiques etc) et En se présentant au tribunal de première instance comme elle fait lorsque la contestation vient des travailleurs. On pourrait aller plus loin en imitant notre voisin ontarien qui a créé un Bureau des conseillers des travailleurs, un organisme indépendant rattaché au Ministère du Travail qui fournit des services gratuits aux travailleurs en matière d’indemnisation. ( http://www.owa.gov.on.ca/fr/about/Pages/default.aspx ) C’est que quelqu’un de la CNESST, idéalement un pneumologue, soit attitré pour accompagner les victimes ou leur succession lors des audiences et venir soutenir le diagnostic posé par les 6 pneumologues mandatés par la CNESST. Cela se fait lorsqu’un dossier est refusé, alors pourquoi pas le contraire. Ce serait tellement plus juste pour le travailleur malade ou la famille endeuillée d’avoir un spécialiste qui explique au juge sur quoi ils se sont basés pour leur diagnostic et démontrer que le médecin expert prend des détours parfois douteux pour influencer le juge. Surtout qu’il n’y a personne pour s’opposer vraiment à des arguments tellement scientifiques et complexes. Et surtout de grâce, que le tribunal n’accepte pas que des dossiers soient remis surtout parce que l’avocat invoque qu’il n’a pas eu le temps de se préparer, alors que la date d’audience est déterminée 6 mois d’avance. Mon souhait est d’humaniser les tribunaux et de ne pas éterniser les souffrances des familles et leur permettre de faire leur deuil. Car tant qu’une cause est pendante, le deuil est impossible à faire. Notre histoire est beaucoup plus complexe, mais elle se complétera certainement avec les histoires des autres victimes, car on vit presque tous la même chose. Merci de m’avoir lu, c’est un privilège pour moi de pouvoir m’adresser à vous, et j’espère que lorsque vous aurez des recommandations à faire vous aurez une pensée pour les victimes. Mon père s’appelait Réjean. Sa fille Sylvie Provost

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