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  • Ligne de temps | AVAQ

    < Retour Amiante 150 ans de présence au Québec 2023 «Création de l’Observatoire national de l’amiante qui aura pignon sur rue à Thetford et coordonnera les recherches sur les questions relatives aux impacts de la manipulation de résidus miniers amiantés sur la qualité de l’air, l’environnement, la santé des populations et des travailleurs ainsi que sur la qualité de vie des communautés.» (3) 2022 «Le gouvernement dépose son plan d'action 2022-2025 Amiante et les résidus miniers amiantés au Québec vers la transformation d'un passif en un actif durable. Ce plan comporte 11 mesures.» (4) 2022 «Formation d'un Comité-conseil au CA de la CNESST pour assurer le suivi du Plan d'action sur l'amiante» (5) 2020 «23 juillet - Le BAPE remet au ministre de l'Environnement le rapport 351 intitulé l'état des lieux et la gestion de l'amiante et des résidus amiantés. Un rapport de 343 pages. Le tableau 9.2 résume les principes directeurs et les principales actions visant le développement d'un cadre de gestion des résidus amiantés et de gestion de l'amiante.» (6) 2019 «Le ministre confiait au BAPE un mandat en vertu des pouvoirs que lui confère l’article 6.3 de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE). Dans sa lettre-mandat, le ministre définissait en termes relativement larges les objectifs de la commission d’enquête (PR8.3), soit : - Établir le portrait de la situation sur la présence d’amiante au Québec, son utilisation actuelle, les formes de valorisation et d’élimination, les types de projets en développement, etc.; - Dresser un état des connaissances scientifiques sur les répercussions de l’amiante et de ses résidus en particulier sur la santé; - Analyser la pertinence de développer un cadre de valorisation des résidus miniers amiantés au Québec et, le cas échéant, en proposer un qui tient compte des aspects à la fois économiques, sanitaires, sociaux et environnementaux; - Proposer des méthodes de disposition des résidus amiantés respectant l’environnement et protégeant la santé.» (6) 2018 «30 décembre 2018 - Entrée en vigueur du Règlement interdisant l'amiante et les produits contenant de l'amiante. Ce règlement ne s'applique pas aux haldes de résidus miniers.» (7) 2017 «Le gouvernement canadien a donné son appui à l’inscription de l’amiante chrysotile à l’annexe III de la Convention de Rotterdam» (2) 2013 «Grâce au veto de la Russie et du Zimbabwe, qui s'opposeront cette semaine à l'inscription de l'amiante chrysotile à l'annexe III de la Convention de Rotterdam, le minerai qui n'est plus exploité au Canada depuis 2011 évitera à nouveau d'être inscrit dans la liste des substances dangereuses de cette convention.» (2) 2012 «Les recherches sur l’amiante effectuées de 1971 à 1988 par l’Université McGill sont soumises à l’examen de 30 médecins et universitaires, qui demandent un examen indépendant des résultats. L’équipe de recherche est accusée d’avoir été influencée par les intérêts de l’industrie de l’amiante.» (2) 2012 «Le gouvernement du Québec promet d’affecter 58 millions de dollars à la mine Jeffrey, une des dernières mines d’amiante, afin de la maintenir en activité pour 20 autres années. La décision est annulée en octobre 2012 par le gouvernement nouvellement élu du Parti québécois.» (2) 2012 «Christian Paradis, ministre de l’Industrie du Canada, annonce que le gouvernement du Canada ne s’opposera plus à l’addition du chrysotile à la liste de la Convention de Rotterdam.» (2) 2011 «La Société canadienne du cancer et 25 autres organismes de santé adressent des lettres au ministre des Finances Jim Flaherty pour implorer le gouvernement de cesser de financer l’Institut du chrysotile et de mettre fin à l’exportation d’amiante à des pays en développement.» (2) 2011 «Au cours de la réunion de 2011 des parties à la Convention de Rotterdam qui a lieu à Genève, la délégation canadienne refuse de nouveau d’ajouter les fibres de chrysotile à la Convention de Rotterdam. Le Canada est le seul pays membre du G7 qui s’oppose à ce qu’elles y soient assujetties.» (2) 2008 «Le rapport de Santé Canada est jugé par les pairs, mais n’est publié qu’en 2009 et n’est pas accessible au public. Il conclut qu’il existe un « lien important » entre le cancer du poumon et l’amiante chrysotile au Canada et une relation de cause à effet avec les mésothéliomes et l’amiantose.» (2) 2006 «L’organisation internationale du Travail (OIT) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appellent à une interdiction mondiale de l’amiante. Le Canada oppose son veto à l’addition de l’amiante chrysotile à la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam, ce que lui reproche le CTC.»(2) 2005 «L’interdiction de l’amiante chrysotile à l’échelle de l’Union européenne entre en vigueur.»(2) 2004 «Le Canada fait obstacle à l’addition du chrysotile à la liste de produits dont le commerce nécessite un consentement préalable en connaissance de cause selon la Convention de Rotterdam.» (2) 2002 «Adoption de la Politique d’utilisation accrue et sécuritaire de l’amiante chrysotile au Québec. Cette politique vise à accroître l'utilisation sécuritaire de l'amiante chrysotile et à stimuler la demande de ces produits. Elle est conforme avec les normes visant la protection de la santé professionnelle, la santé publique et l'environnement.» (8) 1995 à 2011 «De 1995 à 2011 fermetures graduelles de toutes les mines d'amiante au Québec.» (1 p, 129) 1992 Après avoir subi de lourdes pertes financières, le gouvernement libéral de Robert Bourassa privatise les parts des compagnies d'amiante appartenant à la Société nationale de l'amiante. (2) 1987 Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) conclut que le chrysotile cause le cancer du poumon et des mésothéliomes. (2) 1985 «Adoption de la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles» (2) 1980 Nationalisation d'une première mine par la Société nationale de l'amiante, la mine Bell de Thetford Mines (2 1979 «Adoption de la Loi sur la santé et la sécurité du travail et début du déclin de la production d'amiante au Québec» (2) 1978 «Création par le gouvernement de la Société nationale de l'amiante. Celle-ci a pour objectif de produire et de vendre des fibres et des produits d’amiante et de faire de la recherche et développement pour de nouveaux produits et procédés.» ( 1p.117) 1977 «Décret fixant à 2 f/cc la concentration de poussière d’amiante dans la Loi sur les mines» (1 p 104-105) 1976 «Le Comité Beaudry dans son rapport préliminaire du 1 avril reprend en bonne partie de l’analyse syndicale, en ce qui a trait à la gravité de la situation sanitaire et à la responsabilité de son établissement et de sa persistance Il souligne la contradiction entre la transformation d’un minerai « non seulement utile, mais nécessaire » en plus de 3 000 produits d’usage courant, et le risque pour la santé que courent les quelque 15 000 travailleurs qui l’extraient et le transforment, au Québec seulement.» (1.p.88) 1975 «Le 18 mars 1975, les travailleurs de l’amiante de la région de Thetford Mines affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et à la Fédération des métallurgistes unis d’Amérique (Métallos) déclenchent une grève qui durera sept mois et demi.» (2) 1975 « Le Comité Beaudry Le Comité présidé par le juge René Beaudry a pour mandat d’étudier la salubrité dans les mines et moulins d’amiante de même que dans les usines de traitement et de transformation de l’amiante afin de conseiller le gouvernement sur quatre points : le maintien ou la modification de la norme de 5f/cc, les modalités de sa mise en place et de son application, le système d’inspection le plus apte à assurer le respect de cette norme, et les mesures d’aide technique et financière pour en favoriser l’application progressive, mais rapide.» (1 p.70) 1975 «Adoption de la loi 52 reconnaissant le droit à l’indemnisation des victimes de silicose et d’amiantose» (2) 1970 «Le professeur Corbett McDonald annonce que le programme de recherche sera poursuivi pour une période de cinq ans, avec trois objectifs : établir « ce qui constitue un niveau sûr de concentration de poussière »; continuer la surveillance des mésothéliomes au Canada pour en comprendre les facteurs de risque, « car l’amiante n’est probablement pas le seul facteur même lorsqu’il est en cause »; enfin, adopter en collaboration avec les cliniques industrielles des deux régions de l’amiante et d’ailleurs, une nouvelle méthode de surveillance médicale de routine des travailleurs de l’amiante.» ( 1 p.44) 1966 «L’Association des mines d’amiante du Québec (AMAQ) crée l'Institut de médecine du travail et de l'environnement de Montréal (IUMTE) rattaché à l’Université McGill, qui donne un contrat de recherche sur les risques posés par l’amiante au professeur Corbett McDonald» (1 p.43) 1964 «Le Dr J. F. Knox de la Turner & Newall, propriétaire de la mine Bell depuis 1934 à Thetford Mines, est particulièrement préoccupé par le fait que les fibres des 250 tonnes de résidus rejetées chaque jour par la mine Bell se dispersent dans l’environnement.» (1 p.26) 1956 «Maurice Sauvé, conseiller technique de la Fédération nationale de la métallurgie de la CTCC, affirme quant à lui, que les compagnies de Thetford Mines et d’Asbestos ont fait depuis la grève des dépenses assez considérables pour éliminer la poussière dans les mines et les moulins d’amiante sans réussir complètement.» (1 p.34) 1952 à 1972 «Deux décennies marquées par la confrontation d’études sur les effets sanitaires de l’amiante. D’un côté, ceux qui sont financés par l’industrie. De l’autre, ceux qui ont une perspective davantage associée aux travailleurs. Les tentatives de réglementation des niveaux d’empoussièrement des milieux de travail se poursuivent sur la scène internationale, avec le développement des méthodes d’analyse des poussières dans l’air.» (2) 1950 Burton LeDoux, le journaliste, rapporte que la Canadian Johns-Manville aurait commencé à installer des appareils pour enlever la poussière de ses installations ( 1 p. 34) 1949 «13 février - minuit. Les travailleurs de la mine Jeffrey débraient à Asbestos. Dès le lendemain soir, à Thetford, les mineurs de l’Asbestos Corporation, de la Flintkote et de la Johnson cessent le travail. Ceux de la Bell font grève neuf jours en février; ceux de la Nicolet près d’Asbestos, deux jours en février, puis de mars à juin. La grève, illégale, dure quatre mois et demi. Elle est particulièrement dure à Asbestos, où la Johns-Manville a fait appel à des briseurs de grève et où l’acte d’émeute est proclamé le 6 mai. Des grévistes sont sauvagement battus et pendant cinq jours, un climat de terreur règne dans la ville.» (1 p.27-29) 1949 «12 janvier - Grève de l'amiante- La pollution par la poussière avait fait l’objet d’un long reportage de Burton LeDoux dans Le Devoir du 12 janvier. Pour la première fois, les travailleurs de l’amiante avaient accès à un texte rédigé en français, publié dans un journal québécois, qui décrivait les risques de l’amiante et les signes de l’amiantose. Il mettait des mots sur les symptômes que des générations avaient connus à Asbestos, mais que les médecins de la Johns-Manville affirmaient être sans importance» (1 p 27-29) 1948 «Les délégués au congrès de la Fédération nationale des employés de l'amiante veulent plus : ils réclament l’instauration de cliniques industrielles aux frais de la Commission des accidents de travail, la conduite d’études sur les liens entre amiantose et tuberculose par le ministère de la Santé et par la Faculté de médecine de l’Université Laval, et l'élimination de la poussière à l’intérieur et à l’extérieur des moulins» (1 p.30) 1948 «Un citoyen réclamait au nom des résidents de la ville d'Asbestos que le Conseil demande à la Canadian Johns-Manville (CJM) s’il serait possible d’éliminer la poussière provenant de leur moulin qui se répand à travers la Ville et qui cause certains ennuis à la population.» (1 p.27) 1943 «La Fédération nationale des employés de l'amiante se préoccupe d’amiantose et a réussi à la faire inscrire sur la liste des maladies professionnelles.» (1 p.30) 1936 «Fondation de la Fédération nationale des employés de l’amiante, affiliée à la CTCC (ancêtre de la CSN)» ( 1 p.29) 1930 «Le Dr Frank Pedley, directeur du département d’hygiène industrielle de l’Université McGill, fondée en 1926 par la Metropolitan Life, ne publie deux articles sur l’amiantose, dans lesquels il affirme que le travail dans les mines et moulins du Canada peut ne pas représenter le risque associé avec la manufacture de l’amiante au Royaume-Uni, et qu’il n’y a pas de cas d’amiantose au Canada, ni aucune évidence de danger dans les mines du Québec. La même année, le Dr Stevenson, médecin œuvrant à la Canadian John-Manville, déclare à l’Association des producteurs d’amiante du Québec que l’amiantose se produit rarement dans les mines du Québec et qu’après 10 ans de service, les ouvriers des moulins sont transférés à d’autres tâches, à titre préventif.» (1 p.40) 1928 « Depuis 1928, au moins six agrandissements du puits et des installations minières ont eu lieu au dépend de quartiers, de rues, d’habitations et d’édifices publics qu’il a fallu démolir ou relocaliser. » (1p. 22) 1926 La mine King de Thetford, en particulier, se démarque défavorablement. En 1926, elle compte à elle seule 132 victimes d’accidents de travail contre 149 pour l’ensemble des autres mines du Québec.» (1 p. 38) 1925 « En 1925, l'industrie de l’amiante compte cinq gros joueurs au Québec : deux exploitants canadiens non intégrés verticalement, l'Asbestos Corporation et la Johnson's à Thetford Mines - Black Lake, et trois manufacturiers américains, la Johns-Manville à Asbestos, la Quebec Asbestos Corp. Ltd à East Broughton et la Bell Asbestos Mines Inc. à Thetford Mines »(1 p. 43-44) 1912 à 1922 « En 1912, 1918 et de 1920 à 1922, les élus de Thetford ont tenté de forcer les sociétés minières à limiter le dégagement de poussière dans l’environnement.» (1 p.26) 1909 «Cette année marque un début de réflexion sur la responsabilité des mines dans des accidents jusqu’alors considérés inéluctables quand ils n’étaient pas attribués à la négligence ouvrière, et désormais leur recension systématique est prescrite.» (1 p.38) 1900 «L’ingénieur des mines Joseph Obalski avait soulevé les inconvénients pour les femmes et les enfants à l’emploi des moulins d’amiante afin de travailler dans une atmosphère chargée de poussière, sans toutefois recommander de mesures particulières.» (1 p. 38) 1879 «Début de l'exploitation à Asbestos» (1 p.12) 1876 Découverte d'un premier gisement d'amiante à Kingsville qui deviendra en 1905 la ville de Thetford Mines (1 p.12) Références (1) Marier, M. (2016). De la grève de l’amiante au lobby prochrysotile. La question de l’amiante chez les syndicats québécois de l’amiante 1973-1983 [Mémoire de maîtrise en histoire, Université de Montréal] (2) Congrès du travail du Canada Chronologie de l'amiante au Canada https://congresdutravail.ca/uncategorized/amiante-au-canada-chronologie/ site consulté le 6 juillet 2023 (3) Portail du réseau collégial du Québec Implantation de l'Observatoire national de l'amiante du Québec http://lescegeps.com/nouvelles/2023-02-03_implantation_de_lobservatoire_national_de_lamiante_dans_la_region_de_thetford site consulté le 6 juillet 2023 (4) Plan d'action sur l'amiante 2022-2025 Amiante et les résidus miniers amiantés au Québec vers la transformation d'un passif en un actif durable https://www.environnement.gouv.qc.ca/communiques/2022/plan-action-amiante-2022-2025.pdf site consulté le 6 juillet 2023 (5) Commission des normes , de l'équité et de la santé et sécurité du travail Comité conseil 3.81 Comité conseil sur le suivi du Plan d'action gouvernemental sur l'amiante https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/organisation/cnesst/structure-dorganisation/comites-conseils . site consulté le 6 juillet 2023 (6) Bureau d'audience publique sur l'environnement, Rapport 351 l'état des lieux et la gestion de l'amiante et des résidus amiantés. https://voute.bape.gouv.qc.ca/dl?id=00000156531 site consulté le 6 juillet 2023 (7) Gouvernement du Canada Règlement interdisant l'amiante et les produits contenant de l'amiante https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/gestion-substances-toxiques/liste-loi-canadienne-protection-environnement/amiante/informations-reglement-interdiction.html#:~:text=Le%20R%C3%A8glement%20interdisant%20l%E2%80%99amiante%20et%20les%20produits%20contenant,population%20canadienne%20contre%20les%20risques%20d%E2%80%99exposition%20%C3%A0%20l%E2%80%99amiante . site consulté le 6 juillet 2023 (8) Ministère des ressources naturelles 2002 Politique d'utilisation accrue et sécuritaire de l'amiante chrysotile au Québec https://mrnf.gouv.qc.ca/documents/ministere/politique-amiante.pdf site consulté le 6 juillet 2023 Retourner en haut

  • Yves, 2ffeb4d0-1730-4e64-b36c-d66873b4e4f6

    < Retour Yves Au nom de la famille Corbin-Charland. Depuis maintenant plus de trois ans, Yves Charland, a quitté sa conjointe et ses deux fils. Même s’il a été un sportif toute sa vie et qu’il avait un travail de bureau, il a tout de même été emporté par un cancer fulgurant lié à l’amiante. Les travaux sur son lieu de travail à l’Université de Montréal ont fait qu’il a respiré des poussières qui l’ont tué trente ans plus tard. Durant sa maladie, notre père nous disait souvent qu’il n’avait jamais été aussi mal dans sa vie et ce fut une période très pénible et douloureuse pour lui. Entre le moment de son diagnostic et son décès, il s’est écoulé tout juste un mois. Ce fut une période trop courte pour lui faire nos adieux alors que nous étions pris par toutes les décisions liées aux soins médicaux. Ce départ précipité a donc rendu notre deuil plus ardu parce que tout s’est fait tellement rapidement. Il a fallu se résigner au fait qu’on ne le verrait plus, surtout notre mère qui venait de perdre son conjoint de plus de 35 ans. Ensuite, notre famille a dû composer avec la complexité des demandes d’indemnisation auprès de la CNESST. L’employeur a d’abord contesté la décision, ce qui a rallongé inutilement le processus. Puis, les délais administratifs ont aussi conduit à étendre le deuil alors que nous étions périodiquement ramenés dans cette histoire funeste. En fait, nous venons tout juste de terminer les dernières démarches administratives, plus de trois ans après le décès, ce qui est déraisonnable pour une famille qui veut clore ce chapitre désolant. Notre famille a vécu plusieurs expériences depuis son départ et bien tristement, notre père n’a pas pu y prendre part. À cet égard, nous apprêtons tous à faire un voyage l’été prochain en Corée du Sud, car la conjointe d’un de ses fils est Coréenne et qu’ils vont s’y marier. C’est une belle célébration de la vie à laquelle il aurait pu être avec nous, mais la maladie nous a enlevé cette perspective heureuse. Enfin, comme Yves Charland disait à ses enfants qu’ils étaient la plus belle chose qui lui soit arrivée, ses deux fils ont, à leur tour, le projet d’avoir des enfants. Toutefois, notre père n’aura pas la chance de les rencontrer et en retour, ceux-ci ne connaitront jamais leur grand-père. C’était un homme qui aimait les enfants et qui aurait fait un excellent grand-papa, mais personne ne pourra vivre ce bonheur parce que l’amiante l’a emporté trop tôt.

  • Guide d'aide à la décision | AVAQ

    Guide d'aide à la décision La présentation ci-dessous constitue un outil de référence conçu pour accompagner l’administration de l’AVAQ dans son processus décisionnel.

  • Registre des bâtiments | AVAQ

    Localisation des bâtiments publics contenant de l'amiante (réseaux de la santé, de l'éducation et des services gouvernementaux fédéraux, provinciales, municipales) Comment utiliser la carte interactive? Déplacer votre curseur dans la fenêtre où apparaît la carte afin d’interagir avec celle-ci. Vous pouvez utiliser la molette de votre souris en gardant le curseur de la carte afin de changer le niveau du zoom de la carte. Si vous voulez utiliser l’outil de recherche, vous devez mettre la carte en mode plein écran pour avoir accès à son entièreté. À partir de la carte * SST : Santé et sécurité au travail **CNESST : Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail Pourquoi une cartographie des bâtiments contenant de l’amiante? Malgré l'interdiction de l'amiante au Canada depuis décembre 2018, ce minerai dangereux ne nous a jamais complètement quitté. De nombreux bâtiments publics et privés ont été construits au cours du siècle dernier et contiennent encore de l'amiante. L'Association pour les victimes de l'amiante du Québec (AVAQ) a créé, au cours de l'été 2024, cette cartographie de plus de 3 700 bâtiments publics contenant de l'amiante. Ce registre en est à ses débuts et par conséquent est appelé à grandir. Créer une cartographie à partir de données fiables et reconnues Après analyse des documents déposés au Bureau d’audiences publiques sur l' environnement (BAPE) en 2020 et liés au rapport 351, les membres de l’exécutif ont choisi de se limiter dans un premier temps à cartographier les bâtiments appartenant à l’État. Nous croyons que les services gouvernementaux du fédéral et du provincial ont une obligation de transparence en matière de gestion sécuritaire des matériaux contenant de l’amiante dans leurs installations. L’inventaire national de l’amiante dans les immeubles fédéraux recense déjà des centaines de bâtiments sans toutefois identifier facilement les organismes et ministères qui les occupent. Trois demandes d’accès à l’information nous ont permis de compléter les données du BAPE et du gouvernement fédéral, pour nous permettre d’atteindre notre objectif de cartographier plus de 3700 bâtiments provinciaux et fédéraux au Québec. S’en servir pour prévenir Notre carte permettra d’informer la population et les travailleurs et travailleuses que des immeubles construits au siècle dernier sont présumés contenir des matériaux composés d’amiante. À l’état inerte, ces matériaux ne présentent pas de risque. Toutefois, avec l’âge des bâtiments et la vétusté de certains, d’importants travaux de rénovation sont nécessaires et doivent respecter la législation et les règlementations en vigueur pour prévenir l’émission et l’inhalation de fibres d’amiante. Nous invitons les gestionnaires de ces immeubles à rendre accessible leur registre indiquant où se trouve l’amiante et de faire connaître l’état des locaux affectés. Nous invitons les travailleurs à exiger de leurs gestionnaires et de leurs représentants et en santé et sécurité au travail d’agir pour mettre en place toutes les mesures préventives associées au niveau de risque. Nous avons inclus au bas de la cartographie quelques ressources qui faciliteront vos actions. Au besoin, un inspecteur de la CNESST pour les établissements relevant de l’État québécois ou un agent d’Emploi et développement social Canada pour les services gouvernementaux du fédéral pourront intervenir si vous constatez l’inaction de votre milieu à prendre en charge ce risque. N’hésitez pas à porter plainte à la CNESST pour protéger votre santé. S’en servir pour être indemnisé Le processus de réclamation auprès de la CNESST exige d’identifier les endroits où le travailleur a été exposé aux poussières d’amiante au cours de sa carrière professionnelle. Comme la durée de latence entre l’inhalation de fibres d’amiante et le développement d’une maladie professionnelle se calcule en décennies, cette cartographie pourrait faciliter l’identification de bâtiments contenant de l’amiante. Par la suite il faudra démontrer que des travaux de rénovation ont libéré des poussières d’amiante. Le témoignage de collègues de travail pourrait faciliter la preuve à soumettre pour obtenir les différentes indemnités selon le moment de la réclamation (avant ou après le décès). Se l’approprier pour la bonifier L’AVAQ vous invite à trouver votre bâtiment sur la cartographie et à bonifier l’information incluse dans sa description en s’appuyant sur des données vérifiables (par exemple : rapport du Comité de santé sécurité ou constat de votre syndicat). Si vous ne trouvez pas le bâtiment que vous cherchez suivez la procédure proposée pour l’ajouter à notre cartographie en complétant la fiche de base d’un bâtiment contenant de l’amiante. L’AVAQ pourra ajouter ce bâtiment après analyse des documents qui accompagnent votre suggestion. Ajoutez vos données au registre *Vous devez vous connecter avec votre adresse courriel afin de remplir le formulaire* Évaluation de l'état de l'amiante avant rénovations L'ASSTSAS a développé une application qui permet d'évaluer le risque d'émission de poussières contaminées par l'amiante lors de l'exécution de travaux. Déterminer le niveau de risque Références utiles Cliquez sur les différents liens pour plus d'information au sujet de la gestion sécuritaire de l'amiante Gestion sécuritaire de l'amiante - CNESST Registre sur la gestion sécuritaire de l'amiante - CNESST La prévention lors de travaux susceptibles d’émettre des poussières d’amiante - ASP Construction L'amiante dans le milieu de travail - CCHST.ca

  • Publications | AVAQ

    Publications La section Publications regroupe nos dépliants et documents d’information, accessibles en format PDF pour être consultés en ligne ou imprimés. Chaque publication aborde un aspect essentiel de la réalité de l’amiante : comprendre les risques, connaître vos droits et adopter les bons réflexes de prévention. Cliquez sur Voir ce PDF pour télécharger et parcourir le document qui vous intéresse. BIENVENUE Politique de confidentialité de de protection des données personnelles Commencer Dépliant 2024 Découvrez notre mission d’accompagner, informer et défendre les victimes de l’amiante au Québec Ouvrir le PDF Dépliant 2025 Informez-vous sur les dangers toujours actuels de l’amiante et sur les précautions essentielles à prendre lors de travaux Ouvrir le PDF

  • Environnement | AVAQ

    Environnement L'amiante a été largement utilisé dans de nombreux secteurs, tels que l'industrie, la construction, l'automobile, et plus encore, ce qui a entraîné une présence répandue de cette substance dangereuse. Cette page vise à vous informer sur les lieux et les contextes où l'amiante peut être présent, afin que vous puissiez mieux comprendre les risques potentiels pour votre santé. Les extraits ci-dessous sont tous tirés du rapport 351 du BAPE. Télécharger le Rapport 351 du BAPE Le BAPE est une organisation indépendante chargée d'évaluer les projets et les politiques en matière d'environnement au Québec. Le rapport 351 examine l’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés au Québec. L'air Dans ce contexte, et considérant que toutes les activités liées à la valorisation des résidus miniers amiantés pourraient entraîner une remise en suspension de fibres d’amiante dans l’air ambiant, il importe de mettre au point une approche permettant d’éviter que d’éventuels travaux, s’ils étaient autorisés, n’entraînent une augmentation de l’exposition des travailleurs et de la population susceptible de porter atteinte à leur santé... En savoir plus L'eau Les impacts des sites miniers d’amiante et des résidus miniers amiantés (RMA) sur les milieux aquatiques sont évalués à partir de critères de la qualité de l’eau ou à l’aide de comparaisons amont/aval de paramètres physicochimiques et autres constituants de l’écosystème. Les valeurs en amont des sites miniers représentent les valeurs de référence ou, en quelque sorte, « le bruit de fond »... En savoir plus Article de la presse L'amiante dans l'eau Les sols Dès le début de l’exploitation des mines d’amiante à la fin du 19 e siècle, et ce, jusqu’à la mise en place de mesures de contrôle des émissions de poussières d’amiante dans les années 1970, celles-ci étaient aéroportées et déposées sur les sols. Ces poussières étaient comparées à de la neige qui s’accumulait sur des conifères, sur le sol et sur différentes surfaces. Celles issues de l’érosion éolienne et des eaux de ruissellement ont également contribué à la contamination des sols. S’ajoute à ces sources de contamination l’utilisation répandue des résidus miniers amiantés (RMA) comme matériaux de remblai... En savoir plus

  • Lois, règlements, politique & décisions | AVAQ

    Lois, règlements, politique et décisions Page rassemblant divers documents juridiques pertinents. Vous y trouverez des articles de lois, des codes, des règlements ainsi que des dossiers liés à la succession et à d'autres sujets de la même catégorie. Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles Cette loi prévoit le régime d'indemnisation des travailleurs en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle. Elle garantit que les travailleurs blessés ou tombant malades dans le cadre de leur emploi bénéficient d'une compensation et d'un soutien appropriés. Ouvrir le PDF Loi sur la santé et la sécurité du travail Ce texte législatif établit les normes et les principes fondamentaux en matière de santé et de sécurité au travail dans la province du Québec. Il vise à prévenir les accidents et les maladies professionnelles en mettant l'accent sur la prévention et la formation. Ouvrir le PDF Règlement sur les maladies professionnelles Ce règlement précise les maladies spécifiques couvertes par le régime d'indemnisation des maladies professionnelles. Il établit les critères pour déterminer l'admissibilité des travailleurs à des prestations en cas de maladie liée à leur travail. Ouvrir le PDF Règlement interdisant l’amiante et les produits contenant de l’amiante Sous réserve des articles 7 à 21, il est interdit d’importer, de vendre ou d’utiliser : a) des fibres d’amiante traitées; b) un produit contenant des fibres d’amiante traitées, sauf si celles-ci proviennent de la dégradation de l’amiante intégré à un produit, à une structure ou à une infrastructure; c) un produit de consommation contenant de l’amiante en quantité supérieure à des traces. Ouvrir le PDF Règlement sur la santé et la sécurité du travail Ce règlement complète la Loi sur la santé et la sécurité du travail en détaillant les mesures spécifiques que les employeurs doivent mettre en place pour assurer la santé et la sécurité de leurs employés Ouvrir le PDF Code de sécurité pour les travaux de construction Ce code définit les normes de sécurité obligatoires pour les chantiers de construction dans la province. Il vise à réduire les risques d'accidents et à garantir un environnement de travail sûr pour les travailleurs de l'industrie de la construction. Ouvrir le PDF Succession de Provost Feu monsieur Réjean Provost, le travailleur, est né en 1937. Il a occupé un emploi de journalier chez Kronos Canada inc., l’employeur, de 1959 jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite le 30 octobre 2001, soit de 22 à 64 ans. Le 8 juin 2016, son pneumologue pose le diagnostic d’amiantose pleurale et parenchymateuse aux termes d’une investigation médicale. Le travailleur décède le 15 juin 2017. Ouvrir le PDF Succession de Charland Monsieur Yves Charland, le travailleur, signe, le 7 novembre 2019, une réclamation à la Commission des normes de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail indiquant qu’il est affecté d’un mésothéliome pleural qu’il attribue à une exposition à l’amiante alors qu’il travaillait pour l’Université de Montréal, l’employeur. Il décède le 10 novembre 2019. Ouvrir le PDF Succession de Martel Madame Ginette Martel occupe un emploi d’infirmière auxiliaire entre 1969 et 2009, alors qu’elle prend sa retraite. À compter de 2015, elle ressent d’importantes douleurs thoraciques pour lesquelles un suivi médical est entrepris, un diagnostic de mésothéliome épithélioïde étant finalement posé à l’automne 2016. Ouvrir le PDF Recueil des politiques en matière d’indemnisation et de réadaptation Extraits du Recueil des politiques en matière d’indemnisation et de réadaptation Ouvrir le PDF

  • André, c8c19cc9-8869-41bb-8e7d-ead11c2d6557

    < Retour André Mon conjoint André, a l'âge de 69 ans à été diagnostiqué d'un mésothéliome malin de la plêvre le 22 juillet 2022. Il a souffert le martyre comme c'est difficile de l'imaginer. Son corps c'est complètement atrophié et il est décédé le 15 mars 2023. Il a été pompier pendant 31 ans. Il a été bénévole pour les Scouts du Québec pendant 13 ans. C'était un chasseur et un pêcheur. Il avait la passion pour les chiens de chasse, dont il a fait l'élevage et le dressage pendant plusieurs années. Il aimait transmettre son savoir, ce qu' il faisait avec générosité, et savait expliqué les choses et c'était toujours très intéressant.Tous les deux on avait la tête pleine de projets, mais notre plus grand projet était de vieillir ensemble.Son départ a créé un grand vide dans ma vie et aussi dans celle de beaucoup de gens. Sa mémoire restera gravé pour toujours dans nos cœurs.

  • En savoir plus sur la prévention | AVAQ

    En savoir plus sur la prévention Articles abordant la prévention des travaux avec de l'amiante Animation par l'APCHQ Animation par l'INRS France Amiante, on se protège! Aide-mémoire sur les dangers de l'exposition à l'amiante et mesures de prévention Ouvrir le PDF Identification des matériaux susceptible de contenir de l'amiante Pour respecter ses obligations en santé et sécurité du travail, un entrepreneur doit identifier les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante avant d’entreprendre des travaux sur un bâtiment ou un ouvrage de génie civil. Ouvrir le PDF Protection accrue des milieux de travail Modifications des valeurs d’exposition admissibles de l’amiante dans l’air. Ouvrir le site web Travailler en toute sécurité avec l'amiante En 2010 seulement, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) dénombrait 119 décès attribuables aux maladies professionnelles, dont 90 liés à l’inhalation de fibres d’amiante. Il faut agir… Ouvrir le PDF Amiante par l'APSAM Documents préparés par l'APSAM, sur le thème de l'amiante. Ouvrir le site web Effets de l'amiante sur la santé Les fibres d’amiante présentes dans l’air constituent un risque pour la santé des personnes qui y sont exposées. Les matériaux contenant de l’amiante peuvent donc être dangereux pour la santé lorsqu’ils libèrent des fibres d’amiante dans l’air Ouvrir le site web Sources possibles d'amiante dans une habitation Conseils et prévention du gouvernement du Québec Ouvrir le site web L'amiante et votre santé Renseignez-vous sur l'amiante, ses risques pour la santé et les façons de réduire votre exposition. Ouvrir le site web FAQ sur l'amiante Le présent document fait partie de la série de documents Réponses SST portants sur l'amiante. Ouvrir le site web Guide CAA-Québec sur l'amiante Guide qui vise à vous aider à rendre votre milieu de vie plus sain. Ouvrir le site web La prévention lors de travaux susceptibles d'émettre des poussières d'amiante Dans le cadre de son mandat, l’ASP Construction a réalisé ce guide de prévention à l’intention des employeurs et des travailleurs du secteur de la construction. Ouvrir le PDF Travaux d'amiante L’ASSTSAS a développé un nouvel outil accessible depuis votre téléphone ou votre ordinateur qui vous permettra d’identifier plus facilement les niveaux de risques cités dans le Code de sécurité pour les travaux de construction, soit faible, modéré ou élevé) selon les tâches à réaliser. Ouvrir le site web

  • Témoignages

    Partagez votre témoignage avec nous, votre voix compte! Nous comprenons que l'amiante a eu un impact dévastateur sur votre vie ou celle de vos proches. Votre histoire est précieuse et peut aider à sensibiliser les autres, à soutenir les victimes et à promouvoir la lutte contre l'amiante. Faire un témoignage Lire nos témoignages Formulaire de témoignage Veuillez remplir le formulaire ci-dessous afin de nous partager votre témoignage. Prénom Nom Courriel Téléphone Partagez votre histoire (500 mots max.) SVP envoyer une image de la victime par courriel à avaq.adm@gmail.com Envoyer Merci pour votre envoi !

  • Rejean, 1e67d779-5b6c-4f68-8d96-aa756a65d35c

    < Retour Rejean Mémoire présenté au Bureau d’Audiences Publiques Environnementales (BAPE) dans le cadre des enquêtes sur l’état des lieux et la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés par Sylvie Provost , fille d’une victime décédée en 2017. Madame et messieurs les commissaires, Je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous faire part du drame horrible que doit vivre une victime et sa famille à l’annonce de la maladie d’amiantose et de tout le processus judiciaire qui s’en suit. Mon père a appris le 8 juin 2016 être atteint d’amiantose. Un choc brutal pour toute la famille. Le début d’un enchainement d’examens médicaux avec le CMPP. Il était très faible, fragilisé par la maladie et très vulnérable. Il avait peur. Lors du diagnostic du CMPP, il n’a pas compris ce qui se passait, je l’ai saisi à la fin quand il a demandé aux pneumologues, les yeux dans l’eau : Quelles pilules vous allez me donner pour guérir? Tout le monde était mal à l’aise, il n’avait pas compris. Les pneumologues lui ont répété qu’il n’y en avait pas. Que ce qui va l’aider le plus c’est l’oxygène. Ce fut très bref comme explication. Personne n’a osé lui dire qu’il allait mourir, mais tout le monde savait même lui, mais il n’a pas voulu l’entendre. C’était en septembre 2016. On est reparti en silence et nous n’en avons pas reparlé avant le mois de novembre, mon père ne voulait pas. À ce moment commence l’enchainement des hospitalisations, l’intégration de l’oxygène et la répétition de ses détresses respiratoires. Tout ceci fut horrible à vivre. À chaque crise il voulait mourir. Il perdait toute son autonomie, se sentais comme un chien enchainé à son oxygène. Il n’avait plus aucune qualité de vie, terminé pour lui le billard, sa sortie au restaurant le dimanche, et ses parties de bingo, un de ses petits plaisirs. Et surtout il ne pouvait plus conduire. Il est devenu dépendant. La mort l’attendait, dans le couloir à respir, avec chaque respiration qu’il n’était pas capable de prendre. Nous avons été très bien accompagnés par les agents de la CNESST. Ces femmes ont été formidables offrant à mon père tous les services dont il avait besoin lorsque sa condition se détériorait. J’avais un contact direct avec elles et souvent dans la journée même elles nous trouvaient une solution. Nous nous sentions supportés. Mais, le 15 juin 2017 à 10h30 tout s’est arrêté. Mon père est décédé, noyé dans ses poumons. Un moment horrible dont les images ne s’effaceront jamais de nos mémoires. Et le comble dans tout ça, toute l’aide que l’on recevait c’est arrêté du même coup. L’avocat du syndicat de l’entreprise à laquelle il a cotisé pendant 42 ans, nous a annoncé qu’il ne pouvait plus représenter mon père car il est décédé et que le syndicat ne représente que les membres vivants. Les services avec la CNESST se sont arrêtés aussi abruptement, sauf pour les déboursés relatifs aux funérailles. Nous nous retrouvions seules, ma mère, ma sœur et moi. Désemparées, après avoir été si bien accompagnées. De surcroit, l’employeur conteste la décision de la CNESST en affirmant que mon père n’était pas atteint d’amiantose. J’ai tenté d’obtenir de l’information, de l’aide de la CNESST pour savoir comment ça se passe devant le tribunal. Est-ce que quelqu’un peut m’accompagner ou à tout le moins m’informer? Cela ne fait pas partie de leur mandat. Mais on me rassure en m’affirmant qu’avec le dossier du CMPP, le certificat de décès et tout le dossier de l’hôpital, je détiens toute ma preuve, que c’est suffisamment complet, que je n’aurai rien d’autre à faire que de me présenter en cours et que c’est le juge qui va examiner le dossier, qu’il est habitué et de ne pas m’inquiéter. Qu’il ne sert à rien de prendre un avocat, qu’il nous en coûtera trop cher et que ça ne vaut pas la peine. L’angoisse m’envahit. Je vis énormément de colère de ce peu d’informations et de supports. C’est ma santé qui dégringole face à tout ça. J’ai rencontré quelques avocats, mais leur méconnaissance de cette maladie ne m’inspirait pas confiance. Ils voulaient que je leur donne de l’argent avant même d’avoir lu le dossier. Et me faisait des promesses auxquelles je n’ai pas cru. Quelques jours avant la première audience j’ai reçu le rapport d’expertise écris par le Dr xxxxx médecin expert de l’employeur, xxxxx. Ouf ! J’ai réalisé que ce n’était absolument pas aussi simple qu’on l’avait prétendu. Alors, j’ai décidé de faire mon cours amiantose 101 en autodidacte sur internet et de faire honneur à mon père en empêchant cet homme de dire que tous les médecins qui l’ont soigné se sont trompés et que lui seul a raison, selon sa prétention. 22 médecins se sont prononcés, confirmant le diagnostic à chacune de ses hospitalisations. J’ai travaillé jour et nuit, à m’en rendre malade, mais je n’ai pas abandonné. J’ai lu et relu au moins 250 jurisprudences. J’ai lu la loi. J’ai lu des études dont les premières lectures étaient complètement du chinois pour moi. Je me suis familiarisé avec la terminologie et réussi à réunir les informations nécessaires pour avoir une défense qui pourrait retenir l’attention de la juge. J’ai même réussi à relever des erreurs de l’anatomopathologiste et des mensonges honteux de la part du médecin expert mandaté par l’employeur. Ce procès fut interminable. Il y a eu 2 remises. 3 journées d’audition dont la dernière a eu lieu le 15 janvier 2019. Nous devions recevoir la décision en avril 2019, mais la juge a réclamé 3 demandes de prolongation. Elle a commencé à travailler sur notre dossier seulement en juin et ne l’a pas terminé et est partie en congé de maladie. Et depuis le 15 juillet 2019, nous sommes sans nouvelles du tribunal, sauf pour les quelques informations que j’obtiens lorsque j’appelle sa secrétaire. Trois ans, 2 mois et 16 jours après l’acte introductif, nous sommes toujours en attente d’une décision du tribunal. C’est inhumain. Car 11 autres travailleurs sont malades à cette entreprise, dont un autre travailleur est décédé au début de l’année 2019. Je sais que cette décision est importante car elle fera jurisprudence et je l’espère aidera ces travailleurs qui subiront le même sort que mon père et qu’eux aussi seront désemparés lorsque l’employeur fautif en appellera de la décision de la CNESST. Qu’au-delà de la mort d’un époux, d’un père, d’un frère ils auront à souffrir des années avant de pouvoir faire leur deuil car chaque soir ils s’endormiront dans l’attente d’une 4 décision qui ne vient jamais. Et au-delà de l’argent, ce que l’on désire c’est que les responsables assument leurs responsabilités après avoir causé par leur insouciance autant de maladies débilitantes et mortelles provoquant ainsi des souffrances intenables aux victimes des ces maladies et leurs familles. Tout ce qu’ils veulent, c’est faire des profits impunément. Ce fut le seul employeur de mon père, il a débuté son travail chez eux en 1959. Cet employeur savait que mon père avait des plaques pleurales depuis 1989, car chaque année ils passent des radiographies pulmonaires à leurs employés. C’est inscrit noir sur blanc dans le dossier de mon père : plaques pleurales, contact avec l’amiante par le passé. Ce que j’aurais aimé pour moi et ma famille et ce que j’aimerais pour l’avenir, pour les prochaines victimes, car il y en aura d’autres et ce scénario se répétera à coup sûr, est d’avoir obtenu plus de support de la part de la CNESST lors de la contestation du dossier par l’employeur. En effet, ce ne sont pas toutes les victimes et leurs familles qui ont les moyens d’engager des avocats et des témoins-experts pour contrer les expertises obtenues par l’employeur. Ce n’est pas donné à tout le monde non plus de fouiller la littérature scientifique et la jurisprudence pour se préparer pour l’audition devant le TAT. En conséquence, la CNESST devrait mieux outiller les victimes de maladies causées par l’amiante et leurs familles pour faire face à des contestations venant des employeurs : En fournissant des informations scientifiques à jour (ex. seuil sécuritaire d’exposition à l’amiante comme cause de cancer n’est pas encore identifié par les scientifiques etc) et En se présentant au tribunal de première instance comme elle fait lorsque la contestation vient des travailleurs. On pourrait aller plus loin en imitant notre voisin ontarien qui a créé un Bureau des conseillers des travailleurs, un organisme indépendant rattaché au Ministère du Travail qui fournit des services gratuits aux travailleurs en matière d’indemnisation. ( http://www.owa.gov.on.ca/fr/about/Pages/default.aspx ) C’est que quelqu’un de la CNESST, idéalement un pneumologue, soit attitré pour accompagner les victimes ou leur succession lors des audiences et venir soutenir le diagnostic posé par les 6 pneumologues mandatés par la CNESST. Cela se fait lorsqu’un dossier est refusé, alors pourquoi pas le contraire. Ce serait tellement plus juste pour le travailleur malade ou la famille endeuillée d’avoir un spécialiste qui explique au juge sur quoi ils se sont basés pour leur diagnostic et démontrer que le médecin expert prend des détours parfois douteux pour influencer le juge. Surtout qu’il n’y a personne pour s’opposer vraiment à des arguments tellement scientifiques et complexes. Et surtout de grâce, que le tribunal n’accepte pas que des dossiers soient remis surtout parce que l’avocat invoque qu’il n’a pas eu le temps de se préparer, alors que la date d’audience est déterminée 6 mois d’avance. Mon souhait est d’humaniser les tribunaux et de ne pas éterniser les souffrances des familles et leur permettre de faire leur deuil. Car tant qu’une cause est pendante, le deuil est impossible à faire. Notre histoire est beaucoup plus complexe, mais elle se complétera certainement avec les histoires des autres victimes, car on vit presque tous la même chose. Merci de m’avoir lu, c’est un privilège pour moi de pouvoir m’adresser à vous, et j’espère que lorsque vous aurez des recommandations à faire vous aurez une pensée pour les victimes. Mon père s’appelait Réjean. Sa fille Sylvie Provost

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